La libre littérature française des Amériques

Tu es Noire, tu es fille du soleil
Sur sa couche pendant des nuits
Avec des mots
Aux étoiles
Sculpte dans la lumière
Cantique Sélène Rêve pour celle
Souviens-toi...
Regards
Dans mes yeux de ta nudité
Temps suspendu
La vie comme une fleur...
Toi moi - moi toi
Nuit de lune claire
Chut ! Je t'aime
Tu es mon Ile où le temps et l'heure...
Donne ta main compagne élue
Quantique
L'on découvre l'éblouissement
Deux oiseaux
L'on entrevoit en clair-obscur
Arabesques noctules
Porcelaine d'agate où se mire
Tu erres, ombre obscène
Fantasmagorique chant 1
Fantasmagorique chant 2
Fantasmagorique chant 3
Cantique
Les yeux se ferment;
Cantique du matin
Femme noire
Cantique pour un chant silence


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VARIATIONS QUANTIQUES

Des variations inspirées par le thème du Cantique des Cantiques.
Des variations inspirées par des îles tropicales peuplées de femmes noires nées du soleil et du vent.









































































Tu es fille du soleil


Tu es Noire, tu es fille du soleil
Ton corps reflète la couleur de l'ambre
Ta chevelure noire, brillante, te tient lieu d'habit
Tes seins ont la tendresse d'une mère
Ton nid est le repos de ton bien-aimé.

Filles, ne soyez pas jalouses
Son bien-aimé l'aime et l'attend.

Au soleil couchant, ton ombre danse.
Le murmure de la mer en est la musique
O filles du soleil mes amies,
Voyez la danse comme magique du colibri,
Voletant de fleur en fleur.
Son cœur est à la joie de cette danse.

Filles, ne soyez pas jalouses
Son bien-aimé l'aime et l'attend.


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Sur sa couche


Sur sa couche pendant des nuits
Elle l'a cherché, attendu,
Celui que son cœur aime.
Elle l'a cherché dans son sommeil
Et ne l'a point trouvé.
Celui que son cœur aime,
Hante ses nuits remplies de rêves d'eaux.
Filles du soleil, mes amies,
Avez-vous vu celui que son cœur aime ?

Mes amies filles du soleil,
Quand l'amour entrelace
Sa marche dans l'ivresse d'aimer
Profonde est son empreinte,
Car il sait que ce poids
Porte en lui une souffrance.

Faut-il réveiller l'amour
Avant qu'il le veuille ?


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Avec des mots


Avec des mots

Avec des mots
Pas trop longs
Pas trop courts
De mille, mille voyelles
Je tresserais un canevas
Aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Avec des mots
Pas trop longs
Pas trop courts
De mille mille voyelles
Je formerais une chaîne
Entrelacs de l'amour.

Avec des mots
Pas trop longs
Pas trop courts
Je natterais ta chevelure
Parure de couleur sélène.

Avec des mots
Pas trop longs
Pas trop courts
De mille mille voyelles
J'habillerais ton corps
Hommage à ta beauté ébène.


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Aux étoiles


Aux étoiles
          Au soleil
          A la fleur
          A l'eau de la source
          J'ai pleuré ton nom.
          Au soir venu
          J'ai allumé le ciel
          De mes nuits solitaires.
          Il me reste que rêves
          En marécages.
          Si j'avais osé...


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Sculpte dans la lumière


Il n'y a pas d'ombres.
Même la nuit
Même la mer
Jeux d'ombres
Jeux d'illusions
En arc-en-ciel.
Mirages d'images
D'une fausse aurore
D'un faux soleil
En intervalle du jour
En étirement de la nuit.
Rentrer dans la lumière
Opalescente automnale
Ouvrir la Voie
Avouer
Maintenant tu sais...
Amour
Miroir au reflet intérieure
D'une dimension
D'une émotion grandie
S'ouvre sur l'infini
Frangé en opale vivante.


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Cantique Sélène


Tu es ma nuit
Qu'éclaire la lune gibbeuse
Auréolée de la voûte céleste
Parée d'étoiles coruscantes.
Tu t'offres appelant l'extase
Tu es Cybèle que la
Flore saxicole dans la lumière
Sélène chante l'Aède à l'amour.

Ton corps voilé de nuit
Forme d'ingénieuse planèze
Mis en vision par l'halo lunaire
S'offre à moi corybante improvisé.
Toi, Moi, ombres enlacées
Où les sens de couleurs mêlent
Aux formes étranges des coquecigrues,
Des inflorescences aux corymbes ombrés.

Dans ce décor rupestre, le chant
De quelques oiseaux de nuit, à l'appel de l'amour
Arpégent, coryphées exaltés,
Nous invitent à une bacchanale nocturne.
Pour que cette nuit
Le voyage ne verra le bout...


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Rêve pour elle


Mat avec éclat
Tenace avec douceur
Intense avec élégance.

Tu es mon imaginaire liberté !
Des mots pour tout dire
Pour ne pas laisser le rêve
Pour que les choses restent.
Simplement.

A mon âge on se retourne en Soi
On arrange les faits d'hier
Ceux que l'on a mis de côté.

Rêve en désir de sable
Tendresse, Amour,
Des mots pour qualifier Elle-Passion.

L'oubli rarement s'adoucit au souvenir
Parce qu'il n'est pas facile
De se faire une place à l'ombre
Se retrouver dans l'Être de Soi.
Simplement.


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Souviens-toi...


Souviens-toi de moi
Quand l'espace s'étirera au temps.

Souviens-toi de ce temps
Où Tu demandais
D'aller au-delà du temporel
De déposer à tes pieds le monde.

Souviens Toi
Aujourd'hui
Demain
Combien fidèle je reste
Au souvenir de ces heures
Où l'amour avait la saveur
Des roses clandestines
Qui finit par rencontrer
La sagesse des feuilles du chêne.


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Regards


Tes yeux
Je les vois
Eaux cristallines
Effacer les ombres.
Mélancolies de l'instant ?
Mélancolies de demain ?
Sur ton front de sable
Ta beauté
Tropicale explose
Au repos de ma lassitude
En n'ayant dans mes yeux
La simple beauté de ton corps nu.
De ce moment le temps recule,
Recule dans l'espace
En une image sobre.
Entre deux halos lumineux
De l'image embuée
Accompli l'inexplicable mystère retrouvé,
Reste de l'antique adoration
Où la terre exhume
Le pur silence des matins endormis.


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Dans mes yeux ta nudité


Dans mes yeux de ta nudité
L'Océan est là
De tous les vents du large
Et les voiliers de ces vents.
L'Océan vague après vague
Investi ce temps.
Nous pouvons sans nous lasser
Nous anéantir dans ce temps.
Et le regard s'ouvre
Parle
Brûle immobile
Au silence de ce temps
Tel la source
Dans le pur de son eau.
Au matin de ta nudité
L'approche soupèse le poids complice
Monte en hymne muet
D'odeurs d'aubes endormies,
Recule l'imaginaire au-delà de l'au-delà
Fait sentir ta présente muette
Perdu dans l'ombre de l'ombre
Dans l'abandon nu
Plus nu que le regard
On l'entend
Comme un sanglot voilé.


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Temps suspendu


O temps suspendu
Quel lien unit
Le rêve de l'alchimiste
Et l'eau transposée
Par son reflet d'argent
Qui se surprend
A rêver d'océan ?
Façonnée à la source
L'âme de l'amour
Empreinte la voie de la magie
Où l'on se surprend de rêver
Que nous sommes au cœur de l'élue,
Ile où s'évapore l'errance.
O temps suspendu
Est-ce une raison d'aimer
De n'en rien montrer ?
Pour sentir déceler la passion
De ce temps, il suffit d'un signe,
Offrir l'impression
Qu'ensemble c'est la première fois .


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La vie comme une fleur


Rêve de moment
Où l'air embaume le soir
Nous caresse,
Incitant nos âmes au voyage.

Je dialogue avec ta beauté
L'émotion est entre nos mains enlacées.
Le bonheur, la vie
Cela ne peut s'expliquer,
Cela se vit.
Aussi simple que cela.
Je pianote sur ta peau ambrée
Des notes au goût de l'instant
Musique du temps d'aujourd'hui, de demain.

La vie est belle comme le cristal
Quand on s'en sert.
Oublions.
Pour se sentir jeune de l'intérieur
Regardons ce temps autrement.


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Toi moi - moi toi


Nous sommes seuls Toi Moi, Moi Toi.
Différents de tout, formant un seul corps.
Le temps qui passe nous confère une immortalité
Que seules les étoiles osent nous disputer.
Le jardin aux senteurs sauvages multiples
Nous libère de nous-mêmes.
L'extase en ses mille facettes nous unit, Toi Moi,
En ce lieu où nos cœurs s'embrasent, Moi Toi,
Blottis l'un dans l'autre, confondus un seul Un.

Nous sommes l'envie des oiseaux et des fleurs.
Seule la caresse de la brise au souffle embaumé
Du matin naissant nous réveille, Toi Moi.
Frissonnant, la rosée en fines perles servant d'habit,
Nous plonge en une torpeur, reculant ce temps,
Avec le regret de ne pouvoir en retenir l'instant
Comme pour mieux nous le faire regretter.

Instants fugaces que l'on ne peut en savourer
Ni mesurer sa portée, Toi Moi, Moi Toi.


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Nuit de lune claire


Nuit de lune claire
Odeur montante de la terre endormie
Mêlée au parfum diapré de la chambre.
Une voix
Un murmure
Ondule de cet océan de sommeil.

... Je t'attendais....

Émergeant de ma torpeur
Que trouble la présence de cette ombre,
Mon esprit vagabonde, écoute
Cette voix qui porte mes rêves
Mirage d'une présence irréelle,
Mirage d'une ombre qui est chair.
Ombre de femme
Femme amante, offerte,
Vêtue du voile de la nuit.


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Chut ! Je t'aime


Je suis silencieux en ta présence,
Ma pensée comme embuée reste figée,
Mais les mots sont présents... en secret.

... Il y a tant de façon de t'aimer.
La mienne, c'est de ne rien montrer.

Ta présence, je la fête.
Le temps, s'écoule comme la vie,
Passe, renouvelle les feuilles jaunies.

Je n'ai pas perdu ce temps.
Nous vieillissons ensemble avec lui.
Ai-je l'impression que ce sentiment
Tu le décèles, tu as l'élégance
D'en soupeser le charme discret.

Il suffit d'un signe pour se sentir unis.
Nous avons des regards qui écoutent.


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Tu es île


Tu es mon Ile où le temps et l'heure présente
Se faits décor et tu poses sur moi
La fraîcheur de ton regard reposé,
Parfum d'instant précieux.

Jour après jour, le monde croît,
Le présent n'est rien sans l'héritage du passé.

Passé, présent, se conjuguent dans l'instant,
Même la mort ne peut se reposer éternellement
Même elle, peut mourir.
Lorsque son temps viendra
Pour nous, le nôtre commencera
Et notre sommeil cessera.

Il ne tient qu'à moi pour que je m'en souvienne.


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Donne ta main


Donne ta main compagne élue
Pour qu'ensemble nous suivons une même route.

Tu es
Je suis
Nous sommes Un.

Chacun de Nous est ciel et terre.
De la mélodie naît la stance.

Marions-nous.

L'horloge du temps mesurera notre Union
Scandera l'alternance de nos passions.

Engendrons notre descendance,
Et ensemble,
Cheminons vers la vieillesse.


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Quantique


Doux est le souffle
Effleurant le front
Parcheminé de rides
Comme racines fouillent
La terre ou elles épuisent
La soif de la chevelure feuillage.

Souffle berceau de Vie
Apaise la fièvre du sang
Le feu du regard se fait tendre
Au calice des seins
Repos de la quiétude du corps
Et l'âme frémit au pardon accompli.

Est-on arbre déraciné au vent
Si ce souffle tiède d'embrun cesse ?


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L'on découvre


L'on découvre l'éblouissement
Des yeux miroirs de puits sans fond,
L'on redoute ces miroirs où tout se confond
Sous l'ombre de la miséricorde.

Si l'on n'appartient à nulle Île
C'est qu'Elle est Île de notre refuge

Elle est Temps de nos yeux amants
Elle est Temps harmonique amante.

A son monde de corps sans défense
Nous tentons de batailler,
Notre ardeur en ces combats perdus
S'épuise à l'heure de faiblesse
De l'image des yeux miroirs
Ombres de la miséricorde.

Vers Elle, toujours nous revenons
Ouvrir la fenêtre à l'Amour.


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Deux oiseaux


Deux oiseaux
Dans la chaude pénombre du nid
Veillent à la sérénité de l'ombrage de l'arbre,
Gardien du grand espace-bleu.

Deux oiseaux d'une Île
Que l'on dit abritant un trésor
Où les arbres ont pour feuillage
Les nuages de formes féminines.

Deux oiseaux de ces maisons-espaces
Où les nuages sculptent en
Papiers découpés des constructions azur
Sur des visages couronnés de lauriers.

Ces maisons-espaces des oiseaux
Ouvrent une porte sur le jour
Au moment où la lune
Se dévoile de ses signes dentelles.


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L'on entrevoit


L'on entrevoit en clair-obscur
Un visage au regard pureté d'eau.
Et l'on se rêve à une beauté abrité
Par un rideau de feuilles pâles d'or.

Inconnue d'un conte
Séduit le navire nuage.
Sirène renversée de femme-espace
Appelée ciel de forme claire-voie.

Chante la fête du vieil arbre
Où deux oiseaux dans la chaude pénombre
Du nid veillent à sa sérénité.


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Arabesque Noctules


En cette nuit sélène
Pour rêver tu es éveillée,
Belle somnambule
Folle libellule illuminée.
Ton rêve de marée montante
En vague dérivée sur tes seins
Que la mer iodée caresse,
Chrysalide gracile languissante.
Nue, tu t'écoules en cette
Nuit rouée d'offrante
Aux mille voyages Océanes.
Dans ce silence éphémère
Qui oscille entre ciel et sable,
Fleur éblouie de vaine envolée,
Tu sèmes le fantasme
Dans la chantelure frêle en feu pyrale,
Bleue de libellule abandonnée.
Sur la dune d'aube lavée
Des limbes frileuses de ces nuits cernées,
Tu passes pâle sous le roulis des vagues,
Musicale comme une fugue de Bach.


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Porcelaine d'agate


Porcelaine d'agate où se mire
L'eau de pluie amenée par la marée
De lune montante
Avant que le matin
Ne vient fouler mon rêve.
Les éclipses se posent sur tes mains
En cette nuit où mon errance imaginaire
Soleil de mon crépuscule, t'appelle.
L'air enroule les cils,
Silencieuse tu es.
Le sable roux colore l'aisselle de tes bras
Pare ta chevelure de reflets Océanes.
Je m'ouvre à la lune,
Je vole ton Nom,
Je te peins de fougères,
Je te maquille de mousse de soie,
Fourrure d'étamine rosée, tu es.
Je te hèle
Ma voix reste dans le désert
En cette nuit qui ruisselle sur tes cils
Le désir épuise le temps.
L'air étincelle sur ton visage ocellé.
Tu inventes l'audace qui cèle mon désir
Sous la cluse lissée de tes seins.
Tu défaits ta robe comme l'orage mène
Sa danse de nuées en dérivent.
Tes voiles volent,
Nue tu es , rêve en mensonge.


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Tu erres, ombre obscène


Tu erres, ombre obscène, mante de chair vitreuse
Colorée d'or, câline, ondulante d'ange étoilé,
Comète éphémère en cette nuit où
La mémoire enfante le rêve fou.
Et l'amour danse, passe de filles-feuilles
D' hanches moirées de bleues
Aux champs de mille fleurs.
La nuit ouvre l'ombre,
Phalène de jour,
Anaphorèse au soir
De l'adolescente caressée
Nue en nuit vénitienne.
Ton ombre danse une pavane Sicilienne
Sous une pluie de pétales rose thé.
Ondulante tarentelle,
Tisse un bouquet d'iris
A tes buissons de cils brassés
Qu'hante la fêlure du froissé de ta peau,
Frisson en contre,
Vertige étreinte du rêve.

Pour t'aimer ...


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Fantasmagorique, chant 1


Vibration de langue vocable
D'une lune pâle d'amble mille voyelles
En ce jour soleil
fuie un orage fantasmagorique.
Folie !
O mille mille voyelles !
Colombine en rafales d'ailes
Hante le soir ocellé.
Au vent du large Océan
File la nuit d'or
En dérive de rêves.
Le feu de mille mille soleils
Ivre de chaleur en rut
Gave le sable de tubéreuse amaryllisé
De métaphores gansés de turquoises.
Femme-enfant
Voleuse d'amour
Fille du Ciel née du Soleil
A l'aurore du soir retire ses voiles du jour
Dévoile des seins satinés
Et des reins mohairs
Sur des jambes ambrées en bleus d'anges.
L'iris est miroir
A l'heure où sur son épaule coule
L'orée du soir en ruisselet.
Rêve d'une enfant d'errance en éboulis
Au vertige de sa voix musique
Déploie le temps
Offrante au vent espace-océan.
Intense est son corps
Ambrée est sa chair
Courbe sinueuse ouverte,
Écume océane à la pluie.
Mille mille sables face à l'Océan !
Mille mille sables chargés d'illusions !
Terre-Reine où sables, roches, écumes,
Ourlés d'airs, mêlés en chevelure
Attirent la houle en rafales de silences.
Songe d'avalanche lève l'imaginaire
Au fil des marées
En Cybèle parée de mille mille voyelles
Amoureuse adolescente
Entrouvre l'ombre
A l'éclaircie de la lune gibbeuse.
Au vent , à la mer
Chevelure lumineuse
Tissée d'écumes diatomées.

Ces désirs Océanes sous la cluse
Lisse des seins aroles
Épuisent en soupir sur soupir
Ce moment de mille mille voyelles.
Venue d'au-delà de l'onde salée
En silence sous le bruissement,
Sept ciels à sa portée !
Sept ciels d'habits de velours !
Sept ciels à la voix gorge !
Jettent au large Océan
Une musique violoncelle embuée de râle,
Où la femme-enfant nue de voile froissée
Éveille les sens à l'espace-extase.
Noces d'écumes de flammes amantes !
Femme-enfant allume le brasier
Au chant épithalame des cœurs amarantes !
Déploie en étoiles filantes
La danse des langues
Griffées de mille mille mots musiques !
Femme-enfant chante la mer Océane
Crie à la lune l'amour paré d'or !
La mer pare cette nuit ses seins
D'un châle chrysalide et,
Sur ses lèvres
Crève l'écume jusqu'au râle
D'îles en bulles.


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Fantasmagorique, chant 2


L'anacrouse de l'aurore déploie
Ses manches roses de l'aube
Et tombent rubanés sur le jour naissant.
Au loin, crisse contre la brise
Une mouette de ses ailes fluides
Effrange l'orbe de l'eau.
Le ciel rose-miel irise la diérèse,
Change, chancelle, étincelle
Sur la couche des grands champs
Comme Cybèle attire les rêves.
Le grand décolleté de l'horizon
Après la criée, en gestes lents
Des hanches jonchées de bronze
Comme branches lourdes
Annonce le souffle des chants-rêves.
Éclate la fragrance !
Elle sonne le silence du temps
Enroulée de fleurs éblouies
En vaines envolées sur des ailes coralines.
Les yeux blanchis sous la charrée
De la peau encore chaude d'une caresse,
Sombre en troubles dorés de mille mille aurores.
O femme-enfant,
Chante dit la mer !
Nuit criée répond la vie !

O femme-enfant hanté de corps nu
Exhale l'amour au ventre foutre
Cambre triomphant l'amble de ses reins
De mille mille iris marines ,
Sous la tarlatane comme fontaine
Et ses seins de laines diaprés
Frémissent chaulés
Moites de buées vitreuses.
L'écume se love d'amour,
Ivre de sens d'une lueur millénaire
D'ondulations, béate d'extase.
Le battement de ses cils topazes
Farde la mer où le soleil rafle une marée rêve
Chavire en une ultime bacchanale.
Le délire des mots voyelles caresse son visage
Ocellé sous un ciel libellule mourant lui aussi.
L'amour brode une robe sorcielle au jour venu,
Savane assolée de silence
Et son corps névé de laine-lune
Plus nu que mille mille éphémères
Invente le fête farandole pour nuire
A la lune gibbeuse et narguer le ciel,
Amant d'une nuit.


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Fantasmagorique, chant 3


O beauté de l'Eden
Pureté de l'éphémère
L'Océane exhale l'extase fendue
De flammes sorcielles,
S'effeuille sous la frondaison de ta chevelure
De mille mille délires.
Au sable doré ton corps ébène ruisselle
Laisse tes seins d'hermines d'or
L'empreinte de vertige
Et s'ouvre drossé au vent Océan.
O rêveuse épanouie
Offerte mourante bleue comme oiseau tombé,
Tes yeux s'enroulent parés
De mille mille iris d'étoiles stellaires.
Un nom murmuré,
La mer l'emporte
Très loin,
A l'espace océan.


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Cantique


Une voix rendit la folie à son âme,
A son échelle
Dans un ciel coupé d'amande.
Au jeu du miroir,
Elle est venue.
Aux assauts hardis des mains
Son ombre a cédé.
Son corps cherche l'appui
Telle la tige sous le vent.
Il est ce vent !
Mains et mains s'incurvent en vrille
Dans les cheveux,
Les lèvres errent sur l'espace de leurs corps.
Enlacement confondu en un seul Un.
Et la Terre s'est parée d'en bas
Comme d'en haut de leur chair unique.
          Je suis Celle qui monte du désert
          D' une colonne de fumée en vapeur d'encens
          Vêtue de voiles bleues
          Éclatée en arborescence.
          Beauté Noire du Livre de Mathavi !
          Source d'eaux vives à l'aurore.
          Femme, je suis !

lui, frémissant d'images,
Sa langue se refuse d'agir aux paroles
Pressées dans les méandres de lui-même.

Tu es narcisse
Fleur au milieu des épines
Beauté exhalée par ta coiffure,
Tes yeux ont l'éclat de la rosée
Ton nez a la provocation d'une tour
Et pour défense tes dents jumelles.
Au vent ta chevelure ondule
Comme troupeau de chèvres en cavales.
A ton cou sont suspendu mille rondaches
Rythmant le son Amour.
Tu es femme !

Image de son Image vagabonde loin, là,
Où se dresse les tentes.
Au vent du soir venu des monts,
Embaumé des vergers en fleurs,
tourbillonne les voiles de sa robe.
L'incarnation de Mathavi danse
Pour Lui
Pour Elle
Ils se laissent boire au son de l'amour.

Elle est Terre !
Il est Ciel !

Des fils invisibles les retiennent.
Les pendentifs rythment ce temps-amour,
Dans cette houle lumière,
Leurs corps se laissent couler...

Et...
Leurs mains explosent !
Leurs corps s'enflamment !
Leurs bras s'enlacent !
Se cherchent !
Se touchent !
La chair de ce brasier gronde !
Leurs lèvres se joignent
Mordent
Leurs langues plongent dans
La salive épaisse sucrée.
Des seins roulent, s'enroulent,
Agiles, fragiles, glissent
Des doigts gourds et courts
Pétrissent, épousent.
Le souffle dans l'étreinte
S'engouffrent dans le tunnel du néant.


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Les yeux se ferment


          Les yeux se ferment;
Odeur de fauve de rut brut.
Les cuisses s'affrontent
Ardeur de viande pulpeuse
En râle puissant.
Du ventre en feu
Du phallus tendu
Au sein de la forêt de crins
Murmures
chuchotement d'un cri,
Larmes de lait
Parfumé de miel ...

Extase de délire aérien !
Deux voix s'unissent
Même lèvres
Même mots.


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Cantique du Matin


Que reste t-il de ces matins
Quand tout autour tout est sombre ?
Tu me murmure,
.... Dis à l'âme somnolente
Le matin du grand jour luit
Embaumé du parfum des roses
Laisse un instant mon errance en toi ...

Seules les mains
Comme une cage gardent
Ce qui reste de la nuit.
De ces moments,
L'on se cherche
L'on se taquine
Une fois, deux fois ...

La nuit en contre-jour décline
Un écran de buée nous sépare.
Nous aspirons une bouffée d'air
Nous avons tant de choses à nous dire
Nous sommes pleins de silences
De n'oser qu'entre nous
Nous sommes dans le rêve.

Du rêve d'hier
Il nous reste que le temps
Une imaginaire en liberté.
Si mes yeux ne peuvent te voir
Ils gardent en eux ces mots
D'une vision d'instant
D'un moment d'émotion partagée,
Tu as été fontaine de mon jardin.

Le temps n'en a pas effacé la souvenance.
Il n'y a pas d'amour sans question.
L'amour se cherche
S'entrelace
Se réalise
S'efface
Aimer et détester.
La passion passe entre
Les lézardes du chagrin.


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Femme noire


Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est
          beauté !
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains
          bandait mes yeux.
          Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair
          d'un aigle.

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir,
          bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux
          caresses ferventes du vent d'Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui grondes sous les
          doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de
          l'Aimée.

Femme nue, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs
          de l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles
          sur la nuit de ta peau
Délices des jeux de l'esprit, les reflets de l'or rouge
          sur ta peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux
          soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noir
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans
          l'Éternel
Avant que le Destin jaloux ne te réduise en cendres pour
          nourrir les racines de la vie.


          Léopold Sédar Senghor
          ( Chants d'ombres 1945 )


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Cantique pour un chant silence


Un silence s'installe
S'implose
Rompu par deux respirations
Troublé l'effleurement
De caresses fugitives.
Le resserrement de l'étreinte
Moment suprême
De la lente décision
De l'immense retombée
Pendant la descente.
Connaissance de l'Un de l'Autre !
Corps labourés !
Corps dévorés !
Corps engourdis de douce mort !
La solitude s'esquive
L'angoisse s'estompe.
Ils sont seuls !
Recevoir
Prendre
Deux présences parallèles
Acceptation de l'offrante ,
Une lumière que chacun porte en soi.


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