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J’écarte des rideaux invisibles Les yeux Voix poète Paroles en mots poèmes ! Mots en son vocable Le Verbe coule en fraîcheur L’écriture Silence des mots Pour la poésie La société dévore Ses couleurs parlent dans l’éblouissement Sa lumière lève le voile Pour la poésie, il n’y a pas d’ombres Karol le Cracovien, hommage à Jean-Paul II Tentation du retirement L’ombre Le silence Village oublié Monsieur l’instituteur Le temps... Une âme s'est envolée Embarras Mots exhumés Je vois Le visage Regard Rêve arc-en-ciel Nativité Revenir au début Retour à la page d'accueil. Retour au Site Portail |
POEMES D'EN HAUT,
POEMES D'EN BAS
Le ciel a la robuste foi chrétienne du pape Jean-Paul II la terre, la philosophie morale d'un instituteur de la troisième république.
J’écarte des rideaux invisibles Tendus sur l’indicible de ma mémoire. Je suis un amnésique clairvoyant, Forme constructive où je change de voie Selon mes comportements et, dans ces Équations se lovent d’infernales lubies. Je suis souvent en-dehors du théâtre, Où je joue la comédie du guetteur. Ce théâtre de la société, Trame mes impulsions refoulées. Le monde extérieur me renvoie Des images de papiers sensibles Se polarisant au soleil, Un monde fermé de gestes guetteurs, Comme les vagues de la mer Se confondent avec les nuages. revenir au début
Comme un guetteur qui se serai vu, Ô visage dompté dans le sourire La tristesse doucement s’estompe A la commissure des lèvres. Le temps offre, Donne aux yeux la rencontre D’autres yeux d’un dialogue miroir. Le regard est une chose parmi les choses, Les arbres nous regardent de leurs branches Les pierres parlent quand on sait écouter, La chose matière nous offre Une dimension autre, Nous qui déchiffrons pour apprendre. Les yeux entourent l’Univers De la parole imagée des mots Et offrent à penser: Ah ! ces yeux-là, il leur manque la parole. revenir au début
Paroles poétiques contre paroles monnaies ! Paroles brisées de mille mille chaînes usées ! Poète dont la Vie séparée de la Mère terre, Dans la douleur du rejet, Se révolte, Compose un monde autre, Un drame en paysage humain, De passion et de désespoir, Seulement éclairé par le soleil noir du destin. Aux mots éculés d’une vie, A ces strophes du langage de l’enfance, Se forgent une virginité de l’âme. Communion de chaque instant, Le force d’une évidence première, Ce sentiment que lui-même n’est pas détaché, Seulement exilé de son temps. revenir au début
Voix qui chante ! Voix en toute mélodie des mots ! Voix de silence intérieur, Silence peuplé de mille mille Voix De mille mille devenirs. Chant de pleine nuit Où l’esprit se laisse flâner Au désert de la source sélène de l’âme. Instant d’un point où le poète Se cache, se perd, se trouve, Transfigure ce rite en une fête du temps. Sa vie en sait le prix, La vraie valeur d’une liberté. revenir au début
Mariages de mots nés de paroles Engagés au fil du temps De la Voix de l’homme. Ces mots fusent dans l’instant Libres comme orages en furies, Éclatent leurs conditions en sons vocables. Mots poétiques rebelles de l’entravent Des hommes par les hommes. Mots lumières d’un feu liberté De la capacité du refus. Mots chantés accèdent à l’image Du souffle de l’âme. revenir au début
Le Verbe coule en fraîcheur Ignore les barrières du langage Ampleur d’une Force d’images libres. Poésie du soleil ! Poésie sélène ! Poésie de tout ! Poésie d’espérance ! Poésie “ gueulée “ s’il le faut ! Mots en sons vocables ! Marchanderez-vous vos Ombres-Lumières Quand balbutieront Les volcans de la société ? Ou bien resterez-vous dans ces régions Silences et de brumes où aucun Son vocable ne s’est introduit ? revenir au début
Que soit élevé les louanges Qui permettent de porter les Mots lumineux des lettres de Notre alphabet et offrir En un langage clair le Bienfait de la chose écrite. Elle procède par touches De façon que nos sens Parlent, flattent le regard, Et notre âme en est imprégnée. Elle précède l’image Dans la résonance de l’expression Du mot pour en révéler le sens. A chacun de ces moments Savons-nous en apprécier l’exquis Comme une nourriture liée à notre Vie ? Temps concrétisé de l’instant D’une durée résolue de l’acte. Et notre main épouse l’anatomie Des lettres dans leurs douces cambrures. Chaque mot porte un Nom. Il n’existe qu’un seul alphabet Où se reflète la lumière du Mot : Être Unique. revenir au début
Mots: hardis, timides, murmurés, Que l’on n’ose avouer. Ils sont les fleurs du silence. Silence du cri S’ouvre une lèvre. Silence du cri Que la lèvre chante les mots d’amour. Je revendique ce silence Où chacun et chacune Dans une danse pavane Joue l’amour à la Vie. revenir au début
Pour la poésie de l’aube des temps Jour après jour Déroule le voile des vagues En ondulations recommencées Au souffle éclaté De l’écume jaillissante. Auréolée au soleil levant, Surgit épanouie Encore drapée du voile de Morphée. Ondine au matin ! Apparition nue ! Fragilité de l’instant ! Poésie Mère Poésie Amante Matrice du monde ! Corps et âme dans l’immortalité De l’acte d’amour. Corps et vague confondu Au brasement de l’unité. Corps modelé au matin Au soir achevé de l’Oeuvre. Pour la poésie, constructeur de mots En conjugaison vocale qu’elle sculpte, Oblation au dialogue, Entrouvre la symphonie de la vie, Nous fait marcher Chemise aux quatre-vents Sur la route du troisième millénaire Par la porte Première de l’élévation. De ces moments nous sommes silences. Pour la poésie, princesse roulée Dans ses hardes multicolores, Cendrillon à l’hôtel de la lune S’endort au fond d’un lit de rêves froids. Ne se plaint, Oublie le temps présent, Se dit que la route est longue Mais la vie belle, Épuisée aux petits matins S’éveille avant le soleil Parce que endormie après lui. revenir au début
La Société dévore, Indifférente aux larmes de perles rares, Telle une goule lacère sa vie au scandale. Pour la poésie, du fil des Temps Écrit des oves en spirales, Happé par le vent de la dérision. Amours à la croisée des destins, Amours à l’église du néant. Pour la poésie, ivre de liberté Avant d’embrasser le froid de la vie, Verse quelques larmes sans haines. Pour la poésie, aux couleurs de l’arc-en-ciel, Offre à nos lèvres le sentiment De la saveur noble du partage, Se sent le besoin pour sa tranquillité De préserver sa beauté en une chaleur intime. Pour la poésie, plaisir de l’émotion Nature de l’homme du courage d’oser De la prononcer sans éclaboussure, En consommer son énergie Sans en consumer sa lumière. revenir au début
Ses couleurs parlent dans l’éblouissement Des sens et le cœur bat plus fort. Pour la poésie, autour du mot amour, Crée une magie des voyages, Transperce l’immensité des silences D’une humanité se recréant. Reflet universel se confond dans l’attente De l’Espace-Temps unit. Pour la poésie, une interrogation : De la beauté des étoiles, De la beauté de l’air, De la beauté de la mer, De la beauté de la nature. Tous répondent... Amour. Pour la poésie, qu’en cette nuit Revit l’antique rêve de l’alchimiste, Vers ce point du commencement premier, Du pays du moi de la Pensée, D’une genèse d’un autre soleil. revenir au début
Sa lumière lève le voile De Shiva et de Bouddha de l’obscurité, Amon Râ resplendit, Osiris à ses côtés. Près de la porte de la Vie et la Mort, Orphée en est le gardien, Au pays du moi de la pensée. Pour la poésie, il eut un Point, La spirale se libéra de l’amas: Origine au référentiel de l’Essence du Tout. Pour la poésie, il eut un Commencement, D’une poussière cosmique éclatée: Perceptibilité du macroscome-microscome. Pour la poésie, il eut un Soir, Le Verbe s’incréa dans l’Être. Pour la poésie, est-ce le calice du Graal Que l’âme cherche depuis des temps Et s’abandonne au sacrifice du mal, Où le sang coule le long des vallées, Se fige sur la chaussée des rues, Éclabousse en pétales rouges les corps ? revenir au début
Pour la poésie, il n’y a pas d’ombre, Moments d’images d’arc-en-ciel, Offre sa Parole d’un monde sans frontière, S’ouvre à l’opalescence automnale, Images de l’émotion sur la voie de l’amour. Pour la poésie, d’une imaginaire envolée De nuages gris De nuages blancs File selon le vent. Souffle unique que l’on caresse en rêve. Pour la poésie, qui a peur de la pensée froide D’une hantise des silences de l’ailleurs, Baignés de soleils nains en rupture d’une Raison irréfléchie. Pour la poésie, qui demande à la parole L’effort de chercher les mots De ce possible d’un seul avenir Nommé Nous, d’un monde nouveau. revenir au début
KAROL le CRACOVIEN hommage à JEAN-PAUL II Heureuse l’époque A laquelle naît Un grand homme Dans quelle patrie Du monde que ce soit. Je chante l’âme d’un homme Qui Premier entre tous Venu des contrées Hyperboréennes Du pays des deux fleuves. Appelé par ses pairs Pour gréer la barque du pécheur. Il vient la croix au poing Avec ses peines immenses Ses joies démesurées A la poursuite d’une quête. Posséder d’un seul désir L’amour en l’humanité. Pour ce faire il lui faut Vaincre sa propre peur. Est-il seul En ce monde d’apocalypse proche A contempler le soleil ? Est-il seul A chercher un Dieu Dans le labyrinthe des vérités ? Combien de portes a t-il ouvertes ? Que nos regards se portent vers lui Qui sur la route de l’humanité Vient à nous, Solliciter à plus d’humilité. A l’horizon du ponant La brume enveloppe d’un halo Dans un ciel de mille miroirs Le calice du graal. Maintes fois le Cracovien s’inflige La solitude de rejeter le doute. Ce bruissement du cœur. Longtemps son Dieu l’éprouve Dans le labyrinthe des vérités Face à ce monde en gestation. La croix au poing Acquérir l’énergie De vivre la réalité évangélique La rendre sensible à ce monde. Entraîner l’homme vers ce grand large Où réside la force de l’espérance. Une nuit De claire lune sûrement D’une étoile inconnue Une gerbe de feu s’épanoui. Émergence d’un appel ou-bien L’annonce de violences aveugles. L’étoile, telle une larme brille Dans les yeux du Cracovien. Un vent chaud comme celui Des collines flétries de Judée, Caresse son visage. Est-ce moment qui lui fut donné La perception ce que peut-être Le monde dans sa gloire ? De voir plus loin, Plus clair en son âme ? Le vent chaud de Judée lui apporte La vision de sept oliviers aux troncs difformes Torturés par les ans, Du jardin de Géthsémané. Des cailloux leurs servent d’attèles, Afin de soulager leurs poids de l’immortalité, Témoins du temps de Tibère Des souffrances du Fils incarné de Dieu. Leurs racines plongent au cœur de l’histoire Recherchent une force pour mieux affronter Le spectacle désordonné du monde. Dans le jardin de Géthsémané Sept oliviers, toujours verts, comme si, Leurs jeunesses étaient éternelles. Sept oliviers que le vent du soir Effleure les branches porteuses de fruits. Ce même vent Caresse le visage du Cracovien. ... Je vous salue Vierge Marie, Bénie entre toutes, Je soupire vers Vous... Depuis la veille il est là, A genoux, au milieu des pierres Endormies de la chapelle égarée Dans l’immensité de la basilique, Loin de toute rumeur, Simplement troublé des pas des gardes. Silence vivant ! A genoux devant l’image de la Vierge Noire, Bravant l’ensorcellement du moment, La lassitude du corps, Le Cracovien prie. Prière fervente. Il lui faut tremper son âme, Vaincre son corps, le fortifier. Il en mesure l’angoisse, Mêlée de fierté Du privilège d’une Renaissance. ...Vous êtes l’Étoile qui brille, Mon âme à Dieu, mon cœur à vous ... La nuit poursuit sa route, Il en mesure le temps, De ce qui reste du cierge. Demain. Face au monde qui attend Il recevra son titre, Les clés de son royaume. La crosse sera sa lance. ... Mon âme, ma vie à Vous, L’honneur pour moi, étoile du matin, Que votre humanité, cette puissance spirituelle, S’harmonise en moi, Me donne la force d’utiliser Les richesses mutilées par l’homme: Savoir autre Voir autrement Sentir différemment... ...Frère, voici le heaume, Que ton cœur en porte fierté. Ton temps est celui des grandes espérances. Que la sagesse triomphe de l’ignorance, Chevalier de nos temps ! Voyage, affronte les masques de l’homme ! Imprime ta marque ! N’ai de crainte que d’une seule colère, Celle de Dieu Et au-delà, la tienne ! Face au crucifix, épée de son pouvoir, La voix du Cracovien résonne. “ N’ayez pas peur ! “ Et le monde comprit que du ciel Un Dieu envoyait son témoin. Il baisse la visière, Le combat contre les forces Peut commencer. A l’aube de ce millénaire Le Cracovien est-il le bâtisseur sidéral D’une nouvelle humanité ? Recherchant une identité hors des frontières, Occasion de défit ! Comme les chevaliers errants, Il affronte les périls D’une gloire ne lui appartenant. Comme eux, Il étanche une soif de la découverte, Message à une nouvelle vie. Lui aussi, quête le Graal ! Lui aussi, cherche une Écriture Dans l’immensité de ce monde. Lui aussi, va plus haut Au-dessus de sa propre peur. Ce conquérant imagine t-il La terre dans sa course circumsolaire ? Elle longe les fleuves de pierres Roule dans l’océan des espaces Lieu des astres, ces points d’interrogations. Mais plus loin, plus loin, Les galaxies de l’infini Nodules tourmentées chevelues, Matières de vies hermétiques. ... Astres chevelus dites-lui vos secrets, Que ces mondes “ habités “, Sauront un jour rendre Le ravissement aux hommes. Qu’il parle ou qu’il se taise Le Cracovien offre une impression De garder en lui le silence. Un mur face à son monde extérieure. A moins que se ne soit Une invitation au fil de sa pensée Où aucune fêlure ne s’introduit. Sa vie ainsi défile Comme le fleuve dans ses fougues, Ses paresses, selon le moment. Des bruits de fer Des murmures de sanglots Des chants montent du fleuve. Ceux-là s’agrippent à lui comme le liseron. Sa colère éclate A tenter de comprendre Ses semblables qui s’entêtent D’établir un pouvoir en rabaissant La dignité humaine dans la servilité. Lui aussi a subi l’oppression, La pollution de l’esprit, Mais jamais il ne s’est départi de sa foi. Il a apprit qu’une révolution, sans l’esprit De l’essence de la vie, n’est qu’illusion. Il tend aux blessés de la vie Un gué vers son Dieu. Il s’obstine dans ce combat D’un seul mobile : l’homme ! Il crée un vaste champ où il invite Avec douceur et chaleur de pénétrer. Il est seul avec sa croix Il entend le dernier soupir La dernière voix Ce silence tombe Comme l’ombre d’une feuille. Il est seul avec sa croix. Écoute le monde rugir en lui. Il y en a qui prie Il y en a qui tue Courbé sous le poids de leurs solitudes. Lui, vit avec sa croix, seul revenir au début
Ce qui est donné, c’est la patiente d’une vie... François CHENU Si le hasard d’une promenade te mènes vers quelques ruines touffues de broussailles auréo- lées d’arbres noueux d’ans, et que tu aies le sentiment que, ces pierres sans écritures, muettes du passé, parlent en eux-mêmes. Alors, un instant, arrête-toi et médite sur le devenir des mystères de la vie, sur la genèse d’un “ pourquoi “ . Il te viendra des envies de nostalgies sur ce quelque chose qui se trouve-là, un sentiment que ce quelque chose échappe à ton entendement. Ce quelque chose brouillera ton âme, puis le voile du brouillard doucement étirera les limbes te dévoilera le langage des nuages, le silence de la brume au matin. Tu discernera l’univers caché dans la forme d’une roche et sentiras la vie palpiter au sein de l’arbre. Peut-être, poseras-tu ton regard pour élargir ta pensée dans la recherche du sens caché, qui exalte une libération de l’homme, une recherche du désir de ce quelque chose, comme une passion amoureuse. Cette quête de ce quelque chose, te feras décou- vrir une douceur que tu ne peut soupçonner. Un souffle premier, unique, principe unitaire de la matière, elle-même une forme condensa- tive et qu’il suffit d’un peu de souffle pour sen- tir la cosmologie de la nature. Il te sera donné de considérer l’humanité comme un trésor et non comme objet. Il te sera donné de percevoir la fragilité de ton Être, face à la souffrance transcendée d’autrui. Il te sera donné d’envisager que l’homme le plus abîmé physiquement ou le plus simple, possède une beauté noble et peut contenir en lui des trésors. Ainsi, tu auras conscience que le mépris, le rejet d’une société, il faut l’avoir subit pour porter haut sa légitimité de Soi. La récompense ? C’est pouvoir embrasser d’un seul regard le champ de l’humanité, avec ses forêts, ses plaines, ses vallons... Là, tu percevras ce quelque chose, un vertige dans le vide ! Quand, toi, le passant imprégné de ce lieu, tu reprendras ton cheminement, songeras-tu pour quelles raisons des hommes tentent de vivre plus profondément, loin de toute agitation futile ? Tes pensées immanquablement orientés par ce lieu, il te viendra de reconnaître qu’un monde d’hier et d’aujourd’hui s’effiloche... Parce qu’en toi, cette petite chose est rompue et, inconsciemment tu tentes de la retenir, étrangère elle est devenue. Car tu n’est pas en mesure d’arpenter les corridors du temps. Comprends-tu pourquoi un coucher de soleil n’admet aucun retard... revenir au début
J’écoute venir la lente Montée de l’ombre Remplacer le jour finissant. J’écoute l’ombre Me susurrer Que le jour n’est pas la nuit Mais la continuité du temps. J’écoute l’ombre Me soupirer qu’elle fait peur Mêle l’espoir à l’angoisse. J’écoute venir la lente Montée de l’ombre Elle porte sur les choses Sur nous Un apaisement Une douceur. Le silence vivant. revenir au début
Silence Quelle forme revêt-il ? Quel effet provoque t-il ? Il y a t-il un silence Premier ? Silence Nous vivons dans sa fascination Sans lui le religieux Le scientifique Le philosophe Seraient-ils ce qu’ils sont ? Silence Une relation du transcendant Sa puissance élude celui du geste Échappe à notre entendement. Silence Il est musique réconciliant l’âme, Le positif et le négatif S’englobent dans l’absolu de notre Être. Silence Il est signe spirituel de Vie Incarnation du principe Avant, Parole à l’élévation. revenir au début
Désert d’enfance en mirage M’interroge de l’éphémère vision De ces maisons, De ces murs envahis Par l’ortie et la ronce Auréolées de la toile de l’épeire. Pays vide de sa sève humaine, Les oiseaux se pétrifient Dans les arbres de nids rêches. Aux vents chargés d’embruns d’ailleurs, Les femmes Les hommes S’offrent aux brumes du temps. La rumeur de la vie passe, Coule goutte à goutte dans la coulée De leurs mains parcheminées Raidies comme ces ormes noueux d’ans. Terre insaisissable à ma portée, Ai-je le droit d’en revendiquer Le silence mutilé ? Terre oubliée Me rappelle qu’une partie de moi Est en elle, Ils dorment. Deux vies passées dans l’exil, L’autre d’espérance envolée. Au village endormi dans sa toile écrue, Les vieux, Sont là, Inertes de leurs mains de leurs corps, Attendent le dernier sommeil. Village retiré, Paralysé, Fatigué, Peut-être las de vivre, Quand le mirage des jeunes c’est évaporé. Un matin d’automne se réveille Orphelin de son école. Seuls les champs tonsurés de leurs haies Donnent un semblant de vie. Les arbres rêvent de ce temps de jadis Où la fertilité avait rendez-vous Avec le printemps. Et l’été courait entre les feuillus Irisant d’une lumière verte le ruisseau, Aujourd’hui envahi par l’ajonc. Village au calme plat, On y entre par une seule rue, Telle la nervure d’une feuille Distribue ses sentes aux maisons, Embroussaillés par la lierre. La coulée du temps brise La vague souvenance D’un nom sur un visage Raidi dans une solitude, Au fil des ans perdus. Sur le seuil des maisons borgnes Des fantômes m’attendent Et à la lumière du jour Me font ressentir la faute de l’oubli. Ici, Puisé à la source, Naît à chaque pas une émotion. Vereaux, Août 1997-Mars 1998 revenir au début
Il était de ces hommes Que la république a façonné A l’image du missionnaire. Bourré d’un idéal de simplicité Dans le cœur et le geste. Sa religion ? Laïque. Ouvrier du savoir, Non par nécessité mais par sacerdoce. Apte à communiquer la culture, Et la rendre accessible à tous. Présentait un monde en gestation de turbulence En arrière plan d’une vision de champs étoilés. Avait en lui une puissance moulée Incarnée d’Anatole France, de Jaurès ... Pour arme : le Lavisse ! L’arène de son combat : l’école ! Bâtie, elle aussi du même moule, Dictée sur la même pensée. Sa science n’était pas illimitée, Mais d’une manière adroite et patiente Nous communiquait la passion de lire, Résoudre les problèmes de bassins fuyants Et croiser les trains en un point et à l’heure. Souvenirs des verbes irréguliers, De lignes à copier cents fois Sans oublier les départements et les dates. Où es-tu 1515 ? Dans nos crânes encrassés Nous les faisaient entrer, vaille que vaille, A l’aide de taloches, si le besoin en était ! Les oreilles en gardent la souvenance ! Ah l’écriture ! La plume Sergent-major nous torturait Mais quelle fierté de présenter une page Avec ses pleins et déliés, sans taches d’encre! Que sont devenus les pupitres de bois Polis par nos culottes et nos blouses, Fatigués de subir le martyr De nos mains assassines ? revenir au début
Lorsque la vie, après sa longue errance Arrive à son terme, le corps, l’âme, apaisés Des sortilèges, en toute quiétude savourent Les couleurs du passé. Le regard plonge dans l’affrontement Enivré de senteurs impalpables, Impose une vérité : “ Que la vraie vie était peut-être là ! “ Ces souvenirs laissent-ils derrière eux Une trace dans les gestes et les paroles d’hier ? Ce désire de les réentendre, de les revoir, La mémoire les faits resurgir du néant. Qu’est-ce que le temps ? Ce temps qui passe où va-t-il ? Il suffit de fermer les yeux S’imposer le silence, Pour se retrouver enfant du temps d’hier. Ce temps “ passé “, dort sous le poids des ans, Même si l’existence nous jette dans l’espace. Puis un jour, l’âme se brouille avec la vie, Un fait, une odeur, remet en notre mémoire, Ces présences enfouies à notre portée. Et il nous vient des envies de ces “ choses “, Que nous pensons oubliées dans les limbes. Ces images que l’écho réveillent, Sonnent comme un chant d’allégresse, Semblable à l’odeur du pain sortant du four, Nous laissent le regret, qu’il n’y a pas Assez de vies pour en épuiser le contenu A mesure qu’elles se muent en absence. “ Que la vraie vie est peut-être là ! “ Imprégnation simple d’un bonheur dans une Remise en question voulue ou imposée. Chacun à sa façon réécrit sa partition, L’examen passe rarement bien. Nous emmêlons ces instants dans le regret De revenir en arrière, comme si... Mais l’enfance est un songe les yeux ouverts Et nous, simples voyageurs. Ces nostalgies nous rappellent notre dimension, Toute petite dimension dans le sein de la vie. C’est pourquoi, un lieu, si petit soit-il, Avec le temps, Un lieu de l’homme. Et ce lieu devient sacré ! O Nymphes, O Génies, O Vénus sélène des nuits, Où êtes-Vous ? O peuples invisibles, images de notre image, La science avec ses lois, vous ont exorcisés, Vous n’êtes plus des entités de mystères, Mais simplement l’objectif d’une équation, D’un chaînon d’hormone nucléique gonadotrope. Peut-on nier ce lieu ? Présence intégrante de nous-mêmes, Où tant de régénérescence nous échappe, Car dormeurs nous sommes. “ Rien n’est plus mystérieux que les commence- ments “, écrit Teilhard de Chardin. Gestes de l’homme Gardent sous le vent L’obscur secret de l’âme Que le vent emporte. La révolte apaisée ramène A l’attache d’une présence Réponse de la nature offerte. Quel que soit l’heure Le jour ou la saison Ce lieu respire. Réponse de l’âme à la nature. Alors, un instant encore... revenir au début
L’ami nous a quitté. Sans bruit Il est parti Rejoindre ceux qui l’attendent Dans ce lieu où siège l’immortalité. Muses, fleurissez, parfumez, Sa route de pétales de roses. Musiciens, donnez à vos instruments La liberté des sons qui l’enchantera. Poètes, mots après mots Recréez le chant de sa vie. Et vous Prêtresses, accueillez-le comme l’aimé. Ô âme enracinée en cette terre A la fois berceau et tombeau, Façonnée par le temps, Qu’elle soit libérée d’exploser La symphonie humaine ! revenir au début
Tête encombrée Tourne au gré des vents Ne trouve qu’elle Une écume venue du large. Mauvais rêve en retrait D’une solitude amère Que la mer roule. Au soir couchant Le feu de l’alcool ravive Une mémoire de mots usés Libère les soucis funèbres Épouse la délivrance solitude Comme la chandelle éloigne la nuit, Reste d’une question posée. revenir au début
Mots exhumés De vent océan Au sommet d’un tertre ondulant Mots gueulés D’un magma en colère Nourris de niaiseries Mots héroïques Une gifle à la connerie Dans l’indécence lumière Mots libertés Savoir que quelque part Foisonne un nuage espérance Mots tendresses D’une émotion patiente Comprendre la longueur du vent Mots simplement De la douleur brute Explosant en un long cri chanté revenir au début
Je vois Les perles blanches sur l’herbe Et le ciel s’unit à la rosée Je sens Les touches des sons Et la campagne frissonne Je palpe La senteur du temps Et les feuilles souvenirs s’ouvrent Je laisse Mon âme s’endormir au tic-tac Et les ombres se profilent revenir au début
Le visage Espace- voyage tourmenté Où les yeux dansent J’attends Le ciel à l’heure crépuscule Et le temps se grime Le demain Au présent le jour s’estompe Puisque ce n’est que le passé revenir au début
Regard Voix Mot Quête du loin Il suffit d’ouvrir les yeux Un matin de bruine levée dans l’attente L’automne courtise l’hiver Main dans la main Il suffit d’ouvrir les yeux Puissant son chant monte Étonnés sommes-nous de l’écouter Une souffrance sort du ventre Désespérance de la réalité Ne m’abandonnez pas ....! revenir au début
Rêve arc-en-ciel De nuits halogènes D’instants volés Rêve arc-en-ciel dans la tête Persillé d’hallucinogène Rêve arc-en ciel Même usé Le temps murmure Rêve arc-en-ciel Oublier La lettre froissée revenir au début
Douce nuit. Ici, il n’y a pas de neige Mais un ciel embrasé de mille feux Qui sont autant de clous d’or. Nuit sereine. L’alizé au souffle tiède Chargé des senteurs venues de là-bas, De cette terre lointaine d’Afrique, Porteuse de promesse, M’annonce pour ce jour La naissance d’un enfant “ relié “. Venue qu’ébranle le monde Dans la confusion et l’incertitude. Nuit de mutation de l’impalpable, Les mots deviennent inutiles. Nuit cristalline. Cristallisation dans le ciel et l’étable Ranime notre monde D’un renouveau entre l’âne-organisation Et la pensée bœuf-machine. Conscience des mots symbolisés par le casque et la gamelle. Un signe dans notre ciel des fusées. Illumination consciente de l’homme Brisant les chaînes de la servitude Crie : ALLELUIA ! L’étoile des rois mages m’en rapporte l’écho. ALLELUIA ! Réflexion universelle De la libre circulation d’Amour. Douce nuit. L’humanité est là ! Vision embuée Meurtrie dans sa chair Hurle fatalité ! La terre en écho Répond folie ! De l’espace-temps une Voix Désigne l’humanité, chante “ Elle a en Elle la régénérescence Même si tant de faits se trament En de gloires éphémères Ou de sangs versés, Un gaspillage de vertus ! Le pain ne suffit Sans la liberté de l’esprit dans l’esprit. La terre est entité cosmique Un espace dans une vie, Sans laquelle le demain Serait “ désordre “ . revenir au début |
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