La libre littérature française des Amériques

J’écarte des rideaux invisibles
Les yeux
Voix poète
Paroles en mots poèmes !
Mots en son vocable
Le Verbe coule en fraîcheur
L’écriture
Silence des mots
Pour la poésie
La société dévore
Ses couleurs parlent dans l’éblouissement
Sa lumière lève le voile
Pour la poésie, il n’y a pas d’ombres
Karol le Cracovien, hommage à Jean-Paul II
Tentation du retirement
L’ombre
Le silence
Village oublié
Monsieur l’instituteur
Le temps...
Une âme s'est envolée
Embarras
Mots exhumés
Je vois
Le visage
Regard
Rêve arc-en-ciel
Nativité


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POEMES D'EN HAUT,
POEMES D'EN BAS

Dualité permanente de notre Poète : le ciel et la terre.
Le ciel a la robuste foi chrétienne du pape Jean-Paul II
la terre, la philosophie morale d'un instituteur de la troisième république.









































































J'écarte des rideaux invisibles


J’écarte des rideaux invisibles
Tendus sur l’indicible de ma mémoire.
Je suis un amnésique clairvoyant,
Forme constructive où je change de voie
Selon mes comportements et, dans ces
Équations se lovent d’infernales lubies.
Je suis souvent en-dehors du théâtre,
Où je joue la comédie du guetteur.
Ce théâtre de la société,
Trame mes impulsions refoulées.
Le monde extérieur me renvoie
Des images de papiers sensibles
Se polarisant au soleil,
Un monde fermé de gestes guetteurs,
Comme les vagues de la mer
Se confondent avec les nuages.


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Les Yeux


Comme un guetteur qui se serai vu,
Ô visage dompté dans le sourire
La tristesse doucement s’estompe
A la commissure des lèvres.
Le temps offre,
Donne aux yeux la rencontre
D’autres yeux d’un dialogue miroir.
Le regard est une chose parmi les choses,
Les arbres nous regardent de leurs branches
Les pierres parlent quand on sait écouter,
La chose matière nous offre
Une dimension autre,
Nous qui déchiffrons pour apprendre.
Les yeux entourent l’Univers
De la parole imagée des mots
Et offrent à penser:
Ah ! ces yeux-là, il leur manque la parole.


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Paroles en mots poèmes !


Paroles poétiques contre paroles monnaies !
Paroles brisées de mille mille chaînes usées !
Poète dont la Vie séparée de la Mère terre,
Dans la douleur du rejet,
Se révolte,
Compose un monde autre,
Un drame en paysage humain,
De passion et de désespoir,
Seulement éclairé par le soleil noir du destin.
Aux mots éculés d’une vie,
A ces strophes du langage de l’enfance,
Se forgent une virginité de l’âme.
Communion de chaque instant,
Le force d’une évidence première,
Ce sentiment que lui-même n’est pas détaché,
Seulement exilé de son temps.


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Voix Poète


Voix qui chante !
Voix en toute mélodie des mots !
Voix de silence intérieur,
Silence peuplé de mille mille Voix
De mille mille devenirs.
Chant de pleine nuit
Où l’esprit se laisse flâner
Au désert de la source sélène de l’âme.
Instant d’un point où le poète
Se cache, se perd, se trouve,
Transfigure ce rite en une fête du temps.
Sa vie en sait le prix,
La vraie valeur d’une liberté.


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Mots en son vocable


Mariages de mots nés de paroles
Engagés au fil du temps
De la Voix de l’homme.
Ces mots fusent dans l’instant
Libres comme orages en furies,
Éclatent leurs conditions en sons vocables.

Mots poétiques rebelles de l’entravent
Des hommes par les hommes.

Mots lumières d’un feu liberté
De la capacité du refus.

Mots chantés accèdent à l’image
Du souffle de l’âme.


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Le Verbe coule en fraîcheur


Le Verbe coule en fraîcheur
Ignore les barrières du langage
Ampleur d’une Force d’images libres.

Poésie du soleil !
Poésie sélène !
Poésie de tout !
Poésie d’espérance !
Poésie “ gueulée “ s’il le faut !

Mots en sons vocables !
Marchanderez-vous vos Ombres-Lumières
Quand balbutieront
Les volcans de la société ?

Ou bien resterez-vous dans ces régions
Silences et de brumes où aucun
Son vocable ne s’est introduit ?


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L'écriture


Que soit élevé les louanges
Qui permettent de porter les
Mots lumineux des lettres de
Notre alphabet et offrir
En un langage clair le
Bienfait de la chose écrite.
Elle procède par touches
De façon que nos sens
Parlent, flattent le regard,
Et notre âme en est imprégnée.
Elle précède l’image
Dans la résonance de l’expression
Du mot pour en révéler le sens.

A chacun de ces moments
Savons-nous en apprécier l’exquis
Comme une nourriture liée à notre Vie ?

Temps concrétisé de l’instant
D’une durée résolue de l’acte.
Et notre main épouse l’anatomie
Des lettres dans leurs douces cambrures.
Chaque mot porte un Nom.
Il n’existe qu’un seul alphabet
Où se reflète la lumière du Mot :
Être Unique.


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Silence des mots


Mots: hardis, timides, murmurés,
Que l’on n’ose avouer.
Ils sont les fleurs du silence.

Silence du cri
S’ouvre une lèvre.

Silence du cri
Que la lèvre chante les mots d’amour.

Je revendique ce silence
Où chacun et chacune
Dans une danse pavane
Joue l’amour à la Vie.


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Pour la Poésie


Pour la poésie de l’aube des temps
Jour après jour
Déroule le voile des vagues
En ondulations recommencées
Au souffle éclaté
De l’écume jaillissante.
Auréolée au soleil levant,
Surgit épanouie
Encore drapée du voile de Morphée.
Ondine au matin !
Apparition nue !
Fragilité de l’instant !
Poésie Mère
Poésie Amante
Matrice du monde !
Corps et âme dans l’immortalité
De l’acte d’amour.
Corps et vague confondu
Au brasement de l’unité.
Corps modelé au matin
Au soir achevé de l’Oeuvre.

Pour la poésie, constructeur de mots
En conjugaison vocale qu’elle sculpte,
Oblation au dialogue,
Entrouvre la symphonie de la vie,
Nous fait marcher
Chemise aux quatre-vents
Sur la route du troisième millénaire
Par la porte Première de l’élévation.

De ces moments nous sommes silences.

Pour la poésie, princesse roulée
Dans ses hardes multicolores,
Cendrillon à l’hôtel de la lune
S’endort au fond d’un lit de rêves froids.
Ne se plaint,
Oublie le temps présent,
Se dit que la route est longue
Mais la vie belle,
Épuisée aux petits matins
S’éveille avant le soleil
Parce que endormie après lui.


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La Société dévore


La Société dévore,
Indifférente aux larmes de perles rares,
Telle une goule lacère sa vie au scandale.
Pour la poésie, du fil des Temps
Écrit des oves en spirales,
Happé par le vent de la dérision.
Amours à la croisée des destins,
Amours à l’église du néant.
Pour la poésie, ivre de liberté
Avant d’embrasser le froid de la vie,
Verse quelques larmes sans haines.
Pour la poésie, aux couleurs de l’arc-en-ciel,
Offre à nos lèvres le sentiment
De la saveur noble du partage,
Se sent le besoin pour sa tranquillité
De préserver sa beauté en une chaleur intime.
Pour la poésie, plaisir de l’émotion
Nature de l’homme du courage d’oser
De la prononcer sans éclaboussure,
En consommer son énergie
Sans en consumer sa lumière.


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Ses couleurs parlent


Ses couleurs parlent dans l’éblouissement
Des sens et le cœur bat plus fort.
Pour la poésie, autour du mot amour,
Crée une magie des voyages,
Transperce l’immensité des silences
D’une humanité se recréant.
Reflet universel se confond dans l’attente
De l’Espace-Temps unit.
Pour la poésie, une interrogation :
De la beauté des étoiles,
De la beauté de l’air,
De la beauté de la mer,
De la beauté de la nature.
Tous répondent... Amour.
Pour la poésie, qu’en cette nuit
Revit l’antique rêve de l’alchimiste,
Vers ce point du commencement premier,
Du pays du moi de la Pensée,
D’une genèse d’un autre soleil.


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Sa lumière lève le voile


Sa lumière lève le voile
De Shiva et de Bouddha de l’obscurité,
Amon Râ resplendit,
Osiris à ses côtés.
Près de la porte de la Vie et la Mort,
Orphée en est le gardien,
Au pays du moi de la pensée.
Pour la poésie, il eut un Point,
La spirale se libéra de l’amas:
Origine au référentiel de l’Essence du Tout.
Pour la poésie, il eut un Commencement,
D’une poussière cosmique éclatée:
Perceptibilité du macroscome-microscome.
Pour la poésie, il eut un Soir,
Le Verbe s’incréa dans l’Être.
Pour la poésie, est-ce le calice du Graal
Que l’âme cherche depuis des temps
Et s’abandonne au sacrifice du mal,
Où le sang coule le long des vallées,
Se fige sur la chaussée des rues,
Éclabousse en pétales rouges les corps ?


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Pour la Poésie, il n'y a pas d'ombre


Pour la poésie, il n’y a pas d’ombre,
Moments d’images d’arc-en-ciel,
Offre sa Parole d’un monde sans frontière,
S’ouvre à l’opalescence automnale,
Images de l’émotion sur la voie de l’amour.
Pour la poésie, d’une imaginaire envolée
De nuages gris
De nuages blancs
File selon le vent.
Souffle unique que l’on caresse en rêve.
Pour la poésie, qui a peur de la pensée froide
D’une hantise des silences de l’ailleurs,
Baignés de soleils nains en rupture d’une
Raison irréfléchie.
Pour la poésie, qui demande à la parole
L’effort de chercher les mots
De ce possible d’un seul avenir
Nommé Nous, d’un monde nouveau.


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Karol le Cracovien


KAROL le CRACOVIEN
             hommage à JEAN-PAUL II

Heureuse l’époque
A laquelle naît
Un grand homme
Dans quelle patrie
Du monde que ce soit.

Je chante l’âme d’un homme
Qui Premier entre tous
Venu des contrées Hyperboréennes
Du pays des deux fleuves.
Appelé par ses pairs
Pour gréer la barque du pécheur.
Il vient la croix au poing
Avec ses peines immenses
Ses joies démesurées
A la poursuite d’une quête.

Posséder d’un seul désir
L’amour en l’humanité.
Pour ce faire il lui faut
Vaincre sa propre peur.

Est-il seul
En ce monde d’apocalypse proche
A contempler le soleil ?
Est-il seul
A chercher un Dieu
Dans le labyrinthe des vérités ?
Combien de portes a t-il ouvertes ?
Que nos regards se portent vers lui
Qui sur la route de l’humanité
Vient à nous,
Solliciter à plus d’humilité.

A l’horizon du ponant
La brume enveloppe d’un halo
Dans un ciel de mille miroirs
Le calice du graal.
Maintes fois le Cracovien s’inflige
La solitude de rejeter le doute.
Ce bruissement du cœur.
Longtemps son Dieu l’éprouve
Dans le labyrinthe des vérités
Face à ce monde en gestation.

La croix au poing
Acquérir l’énergie
De vivre la réalité évangélique
La rendre sensible à ce monde.
Entraîner l’homme vers ce grand large
Où réside la force de l’espérance.

Une nuit
De claire lune sûrement
D’une étoile inconnue
Une gerbe de feu s’épanoui.
Émergence d’un appel ou-bien
L’annonce de violences aveugles.
L’étoile, telle une larme brille
Dans les yeux du Cracovien.
Un vent chaud comme celui
Des collines flétries de Judée,
Caresse son visage.
Est-ce moment qui lui fut donné
La perception ce que peut-être
Le monde dans sa gloire ?
De voir plus loin,
Plus clair en son âme ?
Le vent chaud de Judée lui apporte
La vision de sept oliviers aux troncs difformes
Torturés par les ans,
Du jardin de Géthsémané.

Des cailloux leurs servent d’attèles,
Afin de soulager leurs poids de l’immortalité,
Témoins du temps de Tibère
Des souffrances du Fils incarné de Dieu.
Leurs racines plongent au cœur de l’histoire
Recherchent une force pour mieux affronter
Le spectacle désordonné du monde.
Dans le jardin de Géthsémané
Sept oliviers, toujours verts, comme si,
Leurs jeunesses étaient éternelles.
Sept oliviers que le vent du soir
Effleure les branches porteuses de fruits.
Ce même vent
Caresse le visage du Cracovien.

... Je vous salue Vierge Marie,
Bénie entre toutes,
Je soupire vers Vous...

Depuis la veille il est là,
A genoux, au milieu des pierres
Endormies de la chapelle égarée
Dans l’immensité de la basilique,
Loin de toute rumeur,
Simplement troublé des pas des gardes.

Silence vivant !

A genoux devant l’image de la Vierge Noire,
Bravant l’ensorcellement du moment,
La lassitude du corps,
Le Cracovien prie.
Prière fervente.
Il lui faut tremper son âme,
Vaincre son corps, le fortifier.
Il en mesure l’angoisse,
Mêlée de fierté
Du privilège d’une Renaissance.

...Vous êtes l’Étoile qui brille,
Mon âme à Dieu, mon cœur à vous ...

La nuit poursuit sa route,
Il en mesure le temps,
De ce qui reste du cierge.
Demain.
Face au monde qui attend
Il recevra son titre,
Les clés de son royaume.
La crosse sera sa lance.

... Mon âme, ma vie à Vous,
L’honneur pour moi, étoile du matin,
Que votre humanité, cette puissance spirituelle,
S’harmonise en moi,
Me donne la force d’utiliser
Les richesses mutilées par l’homme:
Savoir autre
Voir autrement
Sentir différemment...

...Frère, voici le heaume,
Que ton cœur en porte fierté.
Ton temps est celui des grandes espérances.

Que la sagesse triomphe de l’ignorance,
Chevalier de nos temps !
Voyage, affronte les masques de l’homme !
Imprime ta marque !
N’ai de crainte que d’une seule colère,
Celle de Dieu
Et au-delà, la tienne !

Face au crucifix, épée de son pouvoir,
La voix du Cracovien résonne.
“ N’ayez pas peur ! “
Et le monde comprit que du ciel
Un Dieu envoyait son témoin.

Il baisse la visière,
Le combat contre les forces
Peut commencer.

A l’aube de ce millénaire
Le Cracovien est-il le bâtisseur sidéral
D’une nouvelle humanité ?
Recherchant une identité hors des frontières,
Occasion de défit !
Comme les chevaliers errants,
Il affronte les périls
D’une gloire ne lui appartenant.
Comme eux,
Il étanche une soif de la découverte,
Message à une nouvelle vie.
Lui aussi, quête le Graal !
Lui aussi, cherche une Écriture
Dans l’immensité de ce monde.
Lui aussi, va plus haut
Au-dessus de sa propre peur.

Ce conquérant imagine t-il
La terre dans sa course circumsolaire ?
Elle longe les fleuves de pierres
Roule dans l’océan des espaces
Lieu des astres, ces points d’interrogations.
Mais plus loin, plus loin,
Les galaxies de l’infini
Nodules tourmentées chevelues,
Matières de vies hermétiques.

... Astres chevelus dites-lui vos secrets,
Que ces mondes “ habités “,
Sauront un jour rendre
Le ravissement aux hommes.

Qu’il parle ou qu’il se taise
Le Cracovien offre une impression
De garder en lui le silence.
Un mur face à son monde extérieure.

A moins que se ne soit
Une invitation au fil de sa pensée
Où aucune fêlure ne s’introduit.
Sa vie ainsi défile
Comme le fleuve dans ses fougues,
Ses paresses, selon le moment.
Des bruits de fer
Des murmures de sanglots
Des chants montent du fleuve.
Ceux-là s’agrippent à lui comme le liseron.
Sa colère éclate
A tenter de comprendre
Ses semblables qui s’entêtent
D’établir un pouvoir en rabaissant
La dignité humaine dans la servilité.
Lui aussi a subi l’oppression,
La pollution de l’esprit,
Mais jamais il ne s’est départi de sa foi.
Il a apprit qu’une révolution, sans l’esprit
De l’essence de la vie, n’est qu’illusion.

Il tend aux blessés de la vie
Un gué vers son Dieu.
Il s’obstine dans ce combat
D’un seul mobile : l’homme !
Il crée un vaste champ où il invite
Avec douceur et chaleur de pénétrer.

Il est seul avec sa croix

Il entend le dernier soupir
La dernière voix
Ce silence tombe
Comme l’ombre d’une feuille.

Il est seul avec sa croix.

Écoute le monde rugir en lui.
Il y en a qui prie
Il y en a qui tue
Courbé sous le poids de leurs solitudes.

Lui, vit avec sa croix, seul


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Tentation du retirement


          Ce qui est donné,
                c’est la patiente d’une vie...
                      François CHENU

Si le hasard d’une promenade te mènes vers
quelques ruines touffues de broussailles auréo-
lées d’arbres noueux d’ans, et que tu aies
le sentiment que, ces pierres sans écritures,
muettes du passé, parlent en eux-mêmes.
Alors, un instant, arrête-toi et médite sur
le devenir des mystères de la vie, sur la genèse
d’un “ pourquoi “ .
Il te viendra des envies de nostalgies sur ce quelque chose qui se trouve-là, un sentiment que ce quelque chose échappe à ton entendement.
Ce quelque chose brouillera ton âme, puis le
voile du brouillard doucement étirera les limbes
te dévoilera le langage des nuages, le silence de
la brume au matin. Tu discernera l’univers caché
dans la forme d’une roche et sentiras la vie
palpiter au sein de l’arbre.

Peut-être, poseras-tu ton regard pour élargir ta
pensée dans la recherche du sens caché, qui
exalte une libération de l’homme, une recherche
du désir de ce quelque chose,
comme une passion amoureuse.

Cette quête de ce quelque chose, te feras décou-
vrir une douceur que tu ne peut soupçonner.
Un souffle premier, unique, principe unitaire
de la matière, elle-même une forme condensa-
tive et qu’il suffit d’un peu de souffle pour sen-
tir la cosmologie de la nature.
Il te sera donné de considérer l’humanité comme
un trésor et non comme objet.
Il te sera donné de percevoir la fragilité de ton
Être, face à la souffrance transcendée d’autrui.
Il te sera donné d’envisager que l’homme le plus
abîmé physiquement ou le plus simple,
possède une beauté noble et peut contenir en
lui des trésors.

Ainsi, tu auras conscience que le mépris, le rejet
d’une société, il faut l’avoir subit pour porter
haut sa légitimité de Soi.

La récompense ?
C’est pouvoir embrasser d’un seul regard le
champ de l’humanité, avec ses forêts,
ses plaines, ses vallons...
Là, tu percevras ce quelque chose,
un vertige dans le vide !

Quand, toi, le passant imprégné de ce lieu,
tu reprendras ton cheminement,
songeras-tu pour quelles raisons des hommes
tentent de vivre plus profondément,
loin de toute agitation futile ?
Tes pensées immanquablement orientés
par ce lieu, il te viendra de reconnaître qu’un
monde d’hier et d’aujourd’hui s’effiloche...
Parce qu’en toi,
cette petite chose est rompue et,
inconsciemment tu tentes de la retenir,
étrangère elle est devenue.
Car tu n’est pas en mesure d’arpenter
les corridors du temps.
Comprends-tu pourquoi un coucher de soleil
n’admet aucun retard...


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L'Ombre


J’écoute venir la lente
Montée de l’ombre
Remplacer le jour finissant.
J’écoute l’ombre
Me susurrer
Que le jour n’est pas la nuit
Mais la continuité du temps.
J’écoute l’ombre
Me soupirer qu’elle fait peur
Mêle l’espoir à l’angoisse.
J’écoute venir la lente
Montée de l’ombre
Elle porte sur les choses
Sur nous
Un apaisement
Une douceur.

Le silence vivant.


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Le Silence


Silence
Quelle forme revêt-il ?
Quel effet provoque t-il ?

Il y a t-il un silence Premier ?

Silence
Nous vivons dans sa fascination
Sans lui le religieux
Le scientifique
Le philosophe
Seraient-ils ce qu’ils sont ?

Silence
Une relation du transcendant
Sa puissance élude celui du geste
Échappe à notre entendement.

Silence
Il est musique réconciliant l’âme,
Le positif et le négatif
S’englobent dans l’absolu de notre Être.

Silence
Il est signe spirituel de Vie
Incarnation du principe Avant,
Parole à l’élévation.


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Village oublié


Désert d’enfance en mirage
M’interroge de l’éphémère vision
De ces maisons,
De ces murs envahis
Par l’ortie et la ronce
Auréolées de la toile de l’épeire.
Pays vide de sa sève humaine,
Les oiseaux se pétrifient
Dans les arbres de nids rêches.
Aux vents chargés d’embruns d’ailleurs,
Les femmes
Les hommes
S’offrent aux brumes du temps.
La rumeur de la vie passe,
Coule goutte à goutte dans la coulée
De leurs mains parcheminées
Raidies comme ces ormes noueux d’ans.
Terre insaisissable à ma portée,
Ai-je le droit d’en revendiquer
Le silence mutilé ?

Terre oubliée
Me rappelle qu’une partie de moi
Est en elle,
Ils dorment.
Deux vies passées dans l’exil,
L’autre d’espérance envolée.
Au village endormi dans sa toile écrue,
Les vieux,
Sont là,
Inertes de leurs mains
de leurs corps,
Attendent le dernier sommeil.
Village retiré,
Paralysé,
Fatigué,
Peut-être las de vivre,
Quand le mirage des jeunes c’est évaporé.
Un matin d’automne se réveille
Orphelin de son école.
Seuls les champs tonsurés de leurs haies
Donnent un semblant de vie.

Les arbres rêvent de ce temps de jadis
Où la fertilité avait rendez-vous
Avec le printemps.
Et l’été courait entre les feuillus
Irisant d’une lumière verte le ruisseau,
Aujourd’hui envahi par l’ajonc.
Village au calme plat,
On y entre par une seule rue,
Telle la nervure d’une feuille
Distribue ses sentes aux maisons,
Embroussaillés par la lierre.
La coulée du temps brise
La vague souvenance
D’un nom sur un visage
Raidi dans une solitude,
Au fil des ans perdus.
Sur le seuil des maisons borgnes
Des fantômes m’attendent
Et à la lumière du jour
Me font ressentir la faute de l’oubli.
Ici,
Puisé à la source,
Naît à chaque pas une émotion.
            Vereaux, Août 1997-Mars 1998


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Monsieur l'Instituteur


Il était de ces hommes
Que la république a façonné
A l’image du missionnaire.
Bourré d’un idéal de simplicité
Dans le cœur et le geste.
Sa religion ?
Laïque.
Ouvrier du savoir,
Non par nécessité
mais par sacerdoce.
Apte à communiquer la culture,
Et la rendre accessible à tous.
Présentait un monde en gestation de turbulence
En arrière plan d’une vision de champs étoilés.
Avait en lui une puissance moulée
Incarnée d’Anatole France, de Jaurès ...
Pour arme : le Lavisse !
L’arène de son combat : l’école !

Bâtie, elle aussi du même moule,
Dictée sur la même pensée.
Sa science n’était pas illimitée,
Mais d’une manière adroite et patiente
Nous communiquait la passion de lire,
Résoudre les problèmes de bassins fuyants
Et croiser les trains en un point et à l’heure.
Souvenirs des verbes irréguliers,
De lignes à copier cents fois
Sans oublier les départements et les dates.
Où es-tu 1515 ?
Dans nos crânes encrassés
Nous les faisaient entrer, vaille que vaille,
A l’aide de taloches, si le besoin en était !
Les oreilles en gardent la souvenance !
Ah l’écriture !
La plume Sergent-major nous torturait
Mais quelle fierté de présenter une page
Avec ses pleins et déliés, sans taches d’encre!
Que sont devenus les pupitres de bois
Polis par nos culottes et nos blouses,
Fatigués de subir le martyr
De nos mains assassines ?


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Le Temps...


Lorsque la vie, après sa longue errance
Arrive à son terme, le corps, l’âme, apaisés
Des sortilèges, en toute quiétude savourent
Les couleurs du passé.
Le regard plonge dans l’affrontement
Enivré de senteurs impalpables,
Impose une vérité :
“ Que la vraie vie était peut-être là ! “
Ces souvenirs laissent-ils derrière eux
Une trace dans les gestes et les paroles d’hier ?
Ce désire de les réentendre, de les revoir,
La mémoire les faits resurgir du néant.

Qu’est-ce que le temps ?
Ce temps qui passe où va-t-il ?

Il suffit de fermer les yeux
S’imposer le silence,
Pour se retrouver enfant du temps d’hier.
Ce temps “ passé “, dort sous le poids des ans,
Même si l’existence nous jette dans l’espace.
Puis un jour, l’âme se brouille avec la vie,
Un fait, une odeur, remet en notre mémoire,
Ces présences enfouies à notre portée.
Et il nous vient des envies de ces “ choses “,
Que nous pensons oubliées dans les limbes.
Ces images que l’écho réveillent,
Sonnent comme un chant d’allégresse,
Semblable à l’odeur du pain sortant du four,
Nous laissent le regret, qu’il n’y a pas
Assez de vies pour en épuiser le contenu
A mesure qu’elles se muent en absence.

“ Que la vraie vie est peut-être là ! “

Imprégnation simple d’un bonheur dans une
Remise en question voulue ou imposée.

Chacun à sa façon réécrit sa partition,
L’examen passe rarement bien.
Nous emmêlons ces instants dans le regret
De revenir en arrière, comme si...
Mais l’enfance est un songe les yeux ouverts
Et nous, simples voyageurs.
Ces nostalgies nous rappellent notre dimension,
Toute petite dimension dans le sein de la vie.
C’est pourquoi, un lieu, si petit soit-il,
Avec le temps,
Un lieu de l’homme.
Et ce lieu devient sacré !

O Nymphes, O Génies, O Vénus sélène des nuits,
Où êtes-Vous ?
O peuples invisibles, images de notre image,
La science avec ses lois, vous ont exorcisés,
Vous n’êtes plus des entités de mystères,
Mais simplement l’objectif d’une équation,
D’un chaînon d’hormone nucléique gonadotrope.

Peut-on nier ce lieu ?
Présence intégrante de nous-mêmes,
Où tant de régénérescence nous échappe,
Car dormeurs nous sommes.
“ Rien n’est plus mystérieux que les commence-
ments “, écrit Teilhard de Chardin.

Gestes de l’homme
Gardent sous le vent
L’obscur secret de l’âme
Que le vent emporte.
La révolte apaisée ramène
A l’attache d’une présence
Réponse de la nature offerte.
Quel que soit l’heure
Le jour ou la saison
Ce lieu respire.
Réponse de l’âme à la nature.
Alors, un instant encore...


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Une âme s'est envolée


L’ami nous a quitté.
Sans bruit
Il est parti
Rejoindre ceux qui l’attendent
Dans ce lieu où siège l’immortalité.
Muses, fleurissez, parfumez,
Sa route de pétales de roses.
Musiciens, donnez à vos instruments
La liberté des sons qui l’enchantera.
Poètes, mots après mots
Recréez le chant de sa vie.
Et vous Prêtresses, accueillez-le comme l’aimé.

Ô âme enracinée en cette terre
A la fois berceau et tombeau,
Façonnée par le temps,
Qu’elle soit libérée d’exploser
La symphonie humaine !


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Embarras


Tête encombrée
Tourne au gré des vents
Ne trouve qu’elle
Une écume venue du large.
Mauvais rêve en retrait
D’une solitude amère
Que la mer roule.

Au soir couchant
Le feu de l’alcool ravive
Une mémoire de mots usés
Libère les soucis funèbres
Épouse la délivrance solitude
Comme la chandelle éloigne la nuit,
Reste d’une question posée.


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Mots exhumés


Mots exhumés
De vent océan
Au sommet d’un tertre ondulant

Mots gueulés
D’un magma en colère
Nourris de niaiseries

Mots héroïques
Une gifle à la connerie
Dans l’indécence lumière

Mots libertés
Savoir que quelque part
Foisonne un nuage espérance

Mots tendresses
D’une émotion patiente
Comprendre la longueur du vent

Mots simplement
De la douleur brute
Explosant en un long cri chanté


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Je Vois


Je vois
Les perles blanches sur l’herbe
Et le ciel s’unit à la rosée

Je sens
Les touches des sons
Et la campagne frissonne

Je palpe
La senteur du temps
Et les feuilles souvenirs s’ouvrent

Je laisse
Mon âme s’endormir au tic-tac
Et les ombres se profilent


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Le Visage


Le visage
Espace- voyage tourmenté
Où les yeux dansent

J’attends
Le ciel à l’heure crépuscule
Et le temps se grime

Le demain
Au présent le jour s’estompe
Puisque ce n’est que le passé


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Regard


Regard
Voix
Mot
Quête du loin
Il suffit d’ouvrir les yeux

Un matin de bruine levée
dans l’attente
L’automne courtise l’hiver
Main dans la main
Il suffit d’ouvrir les yeux

Puissant son chant monte
Étonnés sommes-nous de l’écouter
Une souffrance sort du ventre
Désespérance de la réalité
Ne m’abandonnez pas ....!


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Rêve arc-en-ciel


Rêve arc-en-ciel
De nuits halogènes
D’instants volés

Rêve arc-en-ciel
dans la tête
Persillé d’hallucinogène

Rêve arc-en ciel
Même usé
Le temps murmure

Rêve arc-en-ciel
Oublier
La lettre froissée


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Nativité


Douce nuit.
Ici, il n’y a pas de neige
Mais un ciel embrasé de mille feux
Qui sont autant de clous d’or.

Nuit sereine.
L’alizé au souffle tiède
Chargé des senteurs venues de là-bas,
De cette terre lointaine d’Afrique,
Porteuse de promesse,
M’annonce pour ce jour
La naissance d’un enfant “ relié “.
Venue qu’ébranle le monde
Dans la confusion et l’incertitude.
Nuit de mutation de l’impalpable,
Les mots deviennent inutiles.

Nuit cristalline.
Cristallisation dans le ciel et l’étable
Ranime notre monde
D’un renouveau entre l’âne-organisation
Et la pensée bœuf-machine.
Conscience des mots symbolisés par le casque et la gamelle.
Un signe dans notre ciel des fusées.
Illumination consciente de l’homme
Brisant les chaînes de la servitude
Crie : ALLELUIA !
L’étoile des rois mages m’en rapporte l’écho.
ALLELUIA !
Réflexion universelle
De la libre circulation d’Amour.

Douce nuit.
L’humanité est là !
Vision embuée
Meurtrie dans sa chair
Hurle fatalité !
La terre en écho
Répond folie !

De l’espace-temps une Voix
Désigne l’humanité, chante
“ Elle a en Elle la régénérescence
Même si tant de faits se trament
En de gloires éphémères
Ou de sangs versés,
Un gaspillage de vertus !

Le pain ne suffit
Sans la liberté de l’esprit dans l’esprit.
La terre est entité cosmique
Un espace dans une vie,
Sans laquelle le demain
Serait “ désordre “ .


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