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1 - Dieu ! Quelle est ta capacité de tolérance ? 2 - Un oiseau venu d'au-delà des océans 3 - Mon âme blessée, refoule une colère au-delà des mots 4 - Ce jour 5 - Là-bas, à la limite du mirage 6 - Tes lèvres fardées broient la haine 7 - Encore un jour 8 - Il y eu ce jour 9 - Pourtant ces corps sont libres 10 - Ceux 11 - Elle vomit ses injures 12 - Le monde se demande 13 - Mère des nations 14 - Mots sur des morts ! 15 - Deus meus, clamabo per Diem 16 - L'Absent 17 - Une chanson au vent 18 - Ami... 19 - La chanson devient grinçante sous l'archet 20 - Suite pour une pavane nocturne 21 - La peur telle une louve s'insinue dans ce fatras 22 - Pourquoi ? 23 - La mort repart docilement seule 24 - En cet automne avancé 25 - L'adolescent tué au soleil 26 - Songe tel l'enfant 27 - L'adolescente violée 28 - Le soleil ceint ses reins 29 - L'enfant de Srebrenica 30 - Aujourd'hui il tente de se raccorder 31 - Le cimetière 32 - Hier 33 - Védran Slamovic 34 - L'archange de nuit Revenir au début Retour à la page d'accueil. Retour au Site Portail |
ARABESQUES
POUR DES CENDRES
de peuples qui se déchirent, avec quand même une oasis de paix, portée par la voix pathétique d'un violon qui joue au milieu des ruines.
Dieu ! Quelle est ta capacité de tolérance ? Faut-il pour s'élever tuer en ton Nom Ou celui de ta contrefaçon ? Le diable semble bien léger auprès de Toi. Toi qui disposes de la Vérité - ta Vérité - Sauf que lui ne tue pas par "indifférence". Alors Seigneur, je ne peux prier, J'écarte de moi Ton image. Mon cœur vide ne désire que le désert. Laisse-moi avec mes nuits de la foi Tyrannisée, fondue au soleil. revenir au début
Un oiseau venu d'au-delà des océans, m'apporte une lettre où il est question d'un pays s'embrasant par le feu et l'épée et de tant et tant d'autres choses malsaines qui au ciel bleu de mon Île font injures. La lettre m'apprend... Là-bas, la grande houle de guerre déchire le tissu d'une unité. Là-bas, les vents en grand désordre affolent les corps comme les âmes. Là-bas, l'alouette hier haute perchée au ciel bleu de l'aurore ne grisolle plus. Son chant est dominé par celui "ferraillé" des armes. Là-bas, des hommes, des femmes, des enfants, sont séparés, selon qu'ils sont du signe de la croix ou du croissant. Leurs yeux vides implorent le ciel dans le trouble d'une prière. Là-bas, un pays se gangrène au gré de la houle de guerre, s'enfonce dans la boue, ne laisse pour garde que ruines dans l'immensité d'un abandon, et les vivants de ce monde oublié se meurent en silence. Là-bas, la houle de guerre cache en son sein sec, le prélude à une mentalité primitive lié à un atavisme des hommes qui appliquent la loi du retour. Là-bas, le bleu de mon ciel est-il le même ? revenir au début
Mon âme blessée, refoule une colère au-delà des mots et je ne peux boire l'eau de la révolte à sa source. J'ai pour mémoire un pays Que je ne connais pas, Où je n'irais peut-être jamais. Les racines profondes de moi-même Tissent une toile afin de mieux les rappeler. Pays de fleuves tranquilles, De vallées secrètes aux montagnes sombres, D'hivers rudes, d'étés torrides, De printemps enchanteurs Et d'automnes languissants, Où l'imaginaire se fond. Pays d'hommes rudes par le sang versé, Ont tracés son histoire. Mais les poètes y sont rois. J'ai pour mémoire un pays Où le charme slave se mêle A l'odeur d'une terre Où le corps après sa longue errance, La paix retrouvée, aspire au repos. Et l'âme se confondre en toute quiétude Au sein de cette terre en apanage, Renfermant des trésors perdus . Janvier 1992 revenir au début
Ce jour, le grand Pan met le feu à ce pays. Sous le tonnerre métallique son âme s'effrite. Présage d'océan de ruines. Silence d'ici, silence d'ailleurs .... Silence sur les décombres fumants, ondule sous la lune filante, inscrite en des circonvolutions arabesques des écritures d'un temps en éboulis, comme feuilles jaunies d'automne. L'arabesque s'étire, se love sur la musique du vent, entraîne une sarabande désordonnée ce monde brûlé d'enfer. Sur ciel chargé d'orage, file la lune. La sirène que le vent fêle donne une voix à ces ruines de langues déliées de deuil, se dépouille comme guenilles au son de la tarentelle discordante. revenir au début
Là-bas, à la limite du mirage, la houle de feu se prépare à charger comme marée chiffonnée, des hommes de guerres. La folie fait fuir l'oubli d'une sagesse. La colombe en rafales d'ailes, laisse la place aux phalènes tourbillonnantes, dans la pâle foulée des hanches insolées aux rêves refoulés du mirage. La méduse aux mille langues se métamorphose en bave et phrase mielleuse. La céruse moirée suceuse de couleur, ne laisse à ces souvenirs aux senteurs d'amaryllis que le suc amère d'une bile retenue. La nuit remplie d'opales et d'ailes de fée brûle en torchère ce pays, ressuscite l'hydre en furie qui se rit de ces hantises. Guerre ! Présence obsédante des nuits hémorragies où le rêve maraude d'hallucinations de seins outragés. Chair figée, ronge les veines dans l'enfer moiré des fontes de mer. Princesse ! Nourrie de belladone, tu hurles ourlée d'ivresse. Tu racoles, fantôme en transe dans ta robe d'or. revenir au début
Tes lèvres fardées de khôl broient la haine. Tu couches nue, sale, rêche. Charpie au vent ! Le réveil en une étreinte défie le jour embrevé d'images d'un soleil ivre de silence, sillonne ce pays, las de porter la chimère. Et au soir, en une langue embuée d'embruns, fustige le désir des cluses fermées des seins, lacère ces ventres en dérivent d'illusions. En ce soir noctule, la phalène mène sa sarabande pour séduire son complice l'anophèle. Elle chante, comme on caresse comme on ravage. revenir au début
Encore un jour. Les feux de l'été doucement s'éteignent. Ne reste que le fantôme d'une flamme, qui mendie au sol la puissance, pour mieux courtiser sa fiancée l'étoile. Encore un jour. Gomme la nuit de l'éveil à l'amour, où tous s'adonnent dans cet amour, et l'amour apporte l'étendue de sa présence. Gomme le temps, ne reste que le velours pâli des champs, et les arbres squelettes sans feuilles déjà dans la flamme des premiers feux de la désolation. Encore un jour. Et la campagne s'ouvre à la meute métallique. Le chant de la pastourelle s'évanouit dans les limbes du brouillard. -Où es-tu Gordana, offerte à la nuit de l'amour ? - Tout s'efface, ne reste que la friche jaunie, domaine du mulot. revenir au début
Il y eu ce jour. L'automne s'annonce beau. L'été en quelque sorte se prolonge. En ce dimanche doux et ensoleillé, la brume du matin s'est dissipée. L'après-midi promet d'être blanc, madré de bleu d'azur, lisse comme une coulée de verre et, sous le vent léger, l'étendue des prés prend l'ondulation de l'étoffe froissée. En cette fin de saison automnale avancée, au soleil, l'illusion du printemps s'offre. En cette fin de saison automnale avancée, le soleil prend sa teinte de deuil, les arbres la forme tordue des squelettes, figés dans l'agonie attendue de ceux que la mort appelle, Incrédules du moment, fascinés du tourbillon à venir. Le sang, les larmes forment une trame en une auréole ternie, dans le refus de se reconnaître. La mort est-elle ce trésor caché sous le voile d'une poussière de deuil ? La vie, être rayée de l'espace ? revenir au début
Pourtant ces corps sont libres, mais ils vivent dans une cage, seuls, aveugles, sourds d'eux-mêmes. Un geste, et la cage est éparpillée aux quatre-vents, seuls les barreaux sont restés. Les mains se teintent de rouges, les yeux aveugles de ce rouge, vaines idoles de rien. Un accord d'allégeance a-t-il été conclu avec des fantômes du passé ? Ou simplement vivent-ils une harmonie avec ceux d'ici ? Dans les saules creux, les maisons abandonnées, dont le lierre partage la possession avec les oiseaux de nuit ? Il y eu ce jour. Claquement sec de l'arme chant rituel de mort. Jeu des hommes et de la lune corps glissants sur la boue devant la fosse ouverte, puis la nuit ... revenir au début
Ceux, qui au nom de rien vont tuer, se glissent en conspirateur dans l'ombre de là-haut du Golgotha de blancheur des croix, porte la mort amie. Chaque ombre évoque "l'autre", se donne l'illusion courageuse de l' humiliation obsessionnelle transfigurée dans l'acte sexuel. Le cœur d'une rage morbide, plie l'écharpe rougie du sang de "l'autre", l'étoffe sur ces chairs tachées, ne laisse que la trace de l'acier, fragment de vie en lune froide. De ces morts au nom de rien. L'archange de mort triomphe, enveloppe d'un suaire cette terre, où le vent venu d'un temps céleste gémit. Voix plaintive rend impuissant, quand l'un clame Guerre ! un autre en écho Guerre ! La liberté échevelée hurle aux harpies ! Malheur ! Vos fils agonisent, Tachés du sang de vos races ! revenir au début
Elle vomit ses injures sur ces pères, ces fils, devenus loups, sur Dieu noir d'une âme occulte, sur l'étoile de l'aurore. Voix tourmentée d'une rage impuissante, tourne folle en spirale fantomatique, lacère l'étendard émasculé, fustige cette violence nationaliste mêlée à la gangrène ethnique. Opposition d'un monde à un monde, d'une Vérité à une Vérité; Deux mondes qui ont toujours été séparés, se jettent l'un contre l'autre. Quand tout est dit. Rencontre d'une masse d'hommes fous à une masse d'hommes fous. Pour le temps des combats, ils se parent des couleurs du bien et du mal. S'entretuent dans l'exaltation ! Le doute leur est interdit ! la volonté de Dieu pour la haine leur entrouvre des paradis concurrents. Le monde se demande, lequel tombera mort ? revenir au début
Le monde se demande, si une Voix sortira d'un tombeau, dansant comme feu follet, annoncera , une race libérée de ses démons. Le monde se demande, si cette terre tâchée de sang, maudite d'avoir engendré tant de peuples, recouvrira d'un même linceul les corps tordus. pour oraison : le vent de l'oubli. Fantômes de vies oubliées rayés de l'espace. Seuls, les sapins, présences immuables, témoins impuissants silencieux, symbolisent la croix pour ces corps tordus. La plainte du vent dans les branches, l'agonie de ces âmes suppliciées, enfouies là, la boue servant de linceul. revenir au début
Mère des nations Mère martyre où es-tu ? O Mère, apanage de l'immortelle, Élue de la volonté d'hommes, Hier lumière de l'initiation. O Mère, sacrifiée de ces mêmes hommes, Couverte de la cendre du deuil. Divisée en Toi Divisée en travers Toi, Où est ta Voix ? Où sont les voix de tes fils Qui devaient emprunter les accents de l'union ? Où est la voix du prophète Émule de l'Unique, Chantre des mots ? O Mère, ta puissance est le pur de l'âme Au milieu des vertiges d'un monde ruiné, Par le culte de l'absurde, Tragédie de l'universelle barbarie. Ton Nom est si petit sur la liste des martyrs ! O Mère, où est ton royaume sans taches Aux couleurs vérités d'une sérénité terrienne ? Es-tu ivre de la fausse science idolâtre, Assoiffée de sang, Et ton corps reste blancheur ! revenir au début
Mots sur des morts ! Et tes fils sont partis pour la mort ! Perdus au milieu de quelque chose, Qui les tuent. Ils sont silences. Se forcent de mimer Un simulacre de combat. Sont-ils responsables des crimes Dans l'intransigeance d'une idéologie, Assassins virtuels qu'ils sont ? Mots sur des Morts ! Trop faibles pour émouvoir les âmes, Pèsent-ils sur la conscience de tes fils ? O Mère, demande à ces mots le poids des actions Des morts sur leurs contributions conscientes. N'y a-t-il pas dans ce poids un fait malsain D'une impuissance navrée, Sur une conscience qui se refuse D'accepter l'Autre ? O Mère, noires sont les plaies de ton corps, Visions moyenâgeuses des grandes endémies, Froidement consignées sur du papier. L'holocauste de tes fils se répercute Sur le fil au son métallique. Liberté ! Où est ta Force ! Justice ! Où est ton Sens ! Égalité ! Où est ta Consonance ! revenir au début
Deus meus, clamabo per Diem ( Mon Dieu, le jour j'appelle ) p.s 21-22 Nous mourrons tous !... La voix monocorde psalmodie ces mots : Nous mourrons tous ! Ses deux mains durcies par tant et tant D'amertumes, écoulent une poussière sèche, Comme le vent. Elle pleure, La Mère. Larmes dans ses yeux rougis De tant et tant d'amertumes. Invoque Dieu au banquet de sa douleur. La poussière parchemine ses cheveux, Coule entre ses doigts noueux. C'est son chapelet. Est-elle entendue de ce Dieu ? De toutes les voix qui montent, Qui crient eux aussi une injustice, Ne sont cacophonies ennuyantes Aux oreilles de ce Dieu ! La douleur est chose inconnue au paradis. La Mère pleure, Sa blessure est en elle, Dans son corps usé De tant et tant d'amertumes. Elle crie, Liturgie quotidienne de la violence: Nous mourrons tous ! revenir au début
Chaque jour Ils posent leurs regards Vides de vies sur le portrait N'osent prononcer le Nom. Ils sont silences. Fixent l'absent Les yeux rougis Où perle une bulle humide. Ils songent A celui, à cette chambre Silence de bruit Tourmentés dans leurs âmes. Ils pleurent Sur le silence d'un rire Impuissants de leurs forces De n'avoir pas écarté la mort. revenir au début
... Ami entends-tu... ! Les paroles lui reviennent... Il chantonne les mesures Que tant d'autres avant lui Ont fredonnés dans l'insouciance. ... Ami entends-tu le vol noir Des corbeaux dans la plaine... Le chant dominé par celui du canon, Du sifflement de la roquette, Reste en suspend dans sa gorge, Avant l'explosion. Combattant tiré du néant Inconnu hier, Aujourd'hui lié à une pourriture, Est-il Serbe, Croate, Bosniaque ? Lui-même ne le sait, Tant est mêlé son sang. Entre ses mains une arme, C'est son outil du moment. Au loin... une ombre. Tire machinalement. L'ombre tombe. Frère, Ami, qui sait ... revenir au début
La chanson s'accroche à son pas, Le suit au galop des combats De cette guerre fratricide mêlée, Par lui voulue. Le refrain est pour lui, L'herbe folle des prés Où la marguerite s'amourache Du coquelicot rouge de confusion. La chanson l'obsède, Lui rappelle des images oubliées, De balades aux bras de filles Au regard mouillé, brillant de désir. Offrant à ses mains tremblant Leurs seins menus aux tétons turgescents, Et leurs lèvres où le sang palpite dans l'attente De l'acceptation muette. Faiblesse du corps dans l'abandon De la feuille détachée... Il fredonne. Regarde défiler la campagne meurtrie. Indifférent. Lui, le Serbe, le Croate, le Bosniaque, Ses pensées sont animées Du feu par la grammaire du tir. revenir au début
La chanson devient grinçante sur l'archet, Prend un son discordant, Comme cette guerre. Il gît parmi l'herbe en folie Un trou, un tout petit trou au front En forme de coquelicot. ... Ami entends-tu... ! ..... Dans la plaine.... revenir au début
Le glaive à double tranchant Imprégné du sang des holocaustes Encore ruisselant d'avoir tranché Reste en suspend au-dessus des têtes. Regarde livide, oeil aveugle, Veille à l'horreur, trouble le mirage De ces hordes enflammées, ourlées d'orage Comme ces sorcières sur la lande Au moment de la lune vénéneuse. Terre troublée de convulsions internes Sous le poids des divisions humaines Devient gluante, nue sur l'écume, Exhibant la gorgone glapissante, Gangrène fétide où s'enchevêtrent L'huile et la bile aux senteurs de miel. Le printemps assassiné par l'hiver, L'été brûlé par la folie Où la larve massant ses cancers Dans la boue des règles ensanglantées, Rend stérile la mamelle Qui pend comme loque amorphe. Le sol se mue d'une croûte sulfureuse Qu'irrigue des ruisseaux de soufre. revenir au début
La peur telle une louve s'insinue dans ce fatras. Où es-tu Salomé ? Reine de la nuit, au corps de santal, Parfumé d'amour ondulant . Ton nom ruisselle sur le sable orange incendie. Sur cette mer d'orage, ton ombre passe En laisse nocturne, vertige des seins d'hermines Ruinent des rêves en phase diurne. De ton ventre pariétal, Tu te penches sur les corps évaporés, Pâle, soupirant, pâmant comme lune Se pare de rosée, s'étale en tulle dentelé, Belle comme soie brunie de haine rouée d'ambre Sous la traîne frileuse des étoiles. Tu es nue sous tes voiles de mousseline sélène, Éphémère en chevelure hâlée, flambée d'alcool, Fauve câlin à la poitrine d'étamine digitale De limbe obscur aux seins rubescents. Comète gisante, file folle avec la mort, Entrouvre les plaies dans les cœurs Au feu tonnerre métallique. Hordes humaines décharnées, Déferlent en raz-de-marée, Misères aux abois, Pâture obligée des loups. Folie ! Adjuration de la Foi ! Croix ou Croissant ? janvier-février 1991 revenir au début
Zehra, la jeune femme au cabas Ne fera plus la quête pour une poignée d'espoir, Une aumône grosse comme le poing. Denrée si précieuse, si faible qu'elle l'enveloppe Dans une dignité usagée. Son seul tort ? De traverser la rue, La petite Alma dans ses bras. Une balle, Une seule balle a suffi. Venue d'une oasis de verdure, Porteuse de mort sans prévenir, Sournoisement Se faufile dans l'avenir, S'y engouffre comme dans un tunnel. Peut-on entendre son rire dans l'attente ? Elle se refuse de sourire à ses succès. Docilement seule Au velours aveugle des choses. Alma la petite, Ne comprend pourquoi, Sa mère tombe subitement de sommeil. revenir au début
La mort repart docilement seule, Toute seule Au velours aveugle des choses. Alma la petite ne peut exprimer Une colère, cracher une insulte Au monde des adultes. Zehra, morte fragile Semble tendre l'autre joue Dans l'injure blasphématoire du sang. revenir au début
Où est le soleil Énergie de feu Dans ce ciel lisse Sans nuage ? Il appelle le soleil Supplie. Gémissement. Une lumière émerge, Pourrissante. Rien. Ce n'est pas lui. Prier ! Le désire; Voudrait. Ne trouve rien. Ne sait plus rien. Il a besoin du soleil. Chancelle une fois, Escompte une joie malsaine Dans la chute. Chancelle deux fois. Comprend ! Qu'il porte en lui Le froid ennemi. revenir au début
En cet automne avancé Ils dorment, Sur la terre vêtue de son duvet, Loin de toute agitation, Dans la forêt de pins arolles Et de chênes empanachés. Où la ronce musarde Avec l'églantier espiègle, Rendant jaloux le bleuet Et le coquelicot égarés Timides de confusion. Ils dorment main dans la main, Sur le lit de mousse ombré Dans le jeu de la lumière. Aucun chant de l'alouette au matin. Aucun chant du rossignol au soir. Que ce vent, tout là-haut, Effaré encore du tumulte métallique. Ils dorment, Unique dans l'étreinte Au pied du chêne A l'écorce meurtrie Où perle Deux larmes de sang. revenir au début
Songe tel l'enfant A la puissance d'un soleil fabuleux. Doucement, Il rentre dans la gloire, Tranquille. Rayons ! Encore des rayons ! Toujours des rayons, Lumineux, blancs. Enfin ! Le soleil est là ! Il est libre D'une liberté achevée, Achetée... revenir au début
Matin de rosée, Des fleurs de toutes les fleurs, Au milieu de tous les oiseaux, Dans cette forêt de pins aroles. Au-dessus l'azur reposait. Jour... Odeur... terre... Gordana écoute Pensée immobile, Elle dit... N'ose. Ce matin de rosée Des fleurs de toutes les fleurs, Au milieu de l'herbe folle, L'adolescente Née au soleil pour le soleil Dort dans sa honte refoulée. revenir au début
Le soleil ceint ses reins Vernit sa poitrine Réchauffe la blessure du cœur. Soleil de midi Le ciel change Change l'amour. Le jour, la nuit Face à face. Bleu nuit Comme la mort. Une étoile tombe, Recommence à briller Tombe encore. Gordana l'adolescente Sombre au feu de l'enfer, S'enfuie en lune fêlée. La tristesse cache le ciel azur, Des fleurs de toutes les fleurs, Au milieu de tous les oiseaux, Dans cette forêt de pins aroles. ... Elle croise les bras sur son ventre arrondi, Cache cette "chose", Qui vit en elle. Dans sa honte, Ne s'est que dire "ça". Gordana hier fière Feux follets de la Saint-Jean, De ses dix-huit ans... revenir au début
Enfant illuminé à la vie, Implosé au jeu de la guerre Se déflore au fardeau des adultes. Enfant mutilé, L'horreur étalée, Ensanglante de sa marque sa mémoire. Enfant aveugle, Impuissant sous le déchaînement. Enfant sauvé, Image d'une haine hors de lui. Il est jeune. Son nom ? Ne sait... doute... La vie il l'aime, Surtout dans le football, Ce plaisir d'une rage d'exister. Il fuit un pays devenu fou. Échappé de quelques camps. Vaincu dans son âme, Dans sa chair. Trahit, il a été Piégé avec son consentement. revenir au début
Aujourd'hui il tente de se raccorder, Rapièce le tissu de sa jeune vie, Déjà usée avant d'avoir servi. Quinze ans... vieux avant l'âge ! Se répète qu'il pardonne ... presque. Pardonne à genoux dans la boue, Non pas tous ces morts du hasard, Mais se refuse au pardon de la mort "ethnique", Ce parjure du Soi. Lui seul ose revendiquer l'origine du Nom ! Un an, deux ans de sa vie A partager l'oisiveté collective des camps. Sa tête résonne encore des coups Dans le son du tocsin. "O maman, ton image s'incurve en moi Et ma tête me fait moins souffrir, Sans cette image, je n'existe". Il faut comprendre L'on devient fou privé de sa liberté. Mars 1994 revenir au début
Le seul jardin d'ici. Ces tombes ou ces tumulus anonymes. Ils ont choisi ce lieu, Pour se murmurer les mots d'amour. Là, ils y trouvent une vie, Si douce à la mort mêlée Présente et lointaine à la fois. Ils n'ont pas à craindre ces morts Pour se murmurer les mots d'amour. Moment de solitude sereine Près des étoiles de la nuit. Leurs pas les conduits vers ces points Ombres enlacées dans l'étreinte Pour se murmurer les mots d'amour. Baisers sur baisers de désirs muets Connus de leurs lèvres unies, Aspirés par le silence du silence Pour se murmurer les mots d'amour. Aimer, c'est conjurer la mort de demain ! revenir au début
Hier, Simple paix terrienne. Aujourd'hui, Ruines couleurs cendres. Maintenant... Des corps, Tous ces corps Emmêlés Mutilés Et ce sang. Il y a Le regard des survivants Regard hébété d'une détresse insondable. Il y a Le regard incrédule des enfants Bousculés trop tôt dans le monde adulte. Il y a Le regard éteint des combattants Regard bovin vide de rien. revenir au début
En habit Chaque jour seul Au milieu des ruines Hier école, Non loin de l'étang figé d'étonnement. Védran Slamovic Fait chanter son violon, S'acharne à conjuguer l'harmonie Au milieu du chaos. Son violon joue une musique espérance Que la beauté existe, Chante l'enfer de l'absurde. Védran Slamovic Écoute l'appel des voix Venues de nulle part Appel de vieux silences Fatigués de héler les vivants Désincarnés De souvenirs non partagés Où les corps sont tristes au soleil. revenir au début
34 L'archange de nuit Jette une lumière d'hier Jadis présente, La terre joue au grand sorcier Fait courir un arc-en-ciel Sur les ailes de la colombe Un soleil à son cou. Face aux ruines Hier école Védran Slamovic Force d'être debout Regarde les "Autres", Être Image de demain. Entre la folie de ce temps Et sa musique, Le sort vainqueur de l'outrage. Avril 1995 revenir au début |
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